ScalingStacks

1.5 Calibrages et intégrales sur les polytopes [01MF]

Original official author HTML, exact retained edition. Historical TeX conversion verdicts remain unchanged. Cited-edition alignment and mathematical self-containment are not assessed.

Complete original source context · Original author HTML

1.5 Calibrages et intégrales sur les polytopes

Soit ℱ\mathscr{F} la classe des fonctions mesurables. Soit VV un espace affine de dimension finie, soit PP un polytope de VV et soit nn un entier naturel tel que dim(P)≤n\dim(P)\leq n. Stricto sensu, la théorie ci-dessous dépend du choix de l’entier nn tel que dim(P)≤n\dim(P)\leq n, mais elle est sans intérêt lorsque dim(P)<n\dim(P)<n.

1.5.1 Intégrale d’une (n,n)(n,n)-forme intégrable sur un polytope calibré

De même que l’intégrale d’une forme de type (dim(V),dim(V))(\dim(V),\dim(V)) sur VV dépend d’un choix de coordonnées affines, ou plutôt, comme on l’a vu, du choix d’un vecteur-volume sur VV, la définition de l’intégrale sur PP d’une forme de type (n,n)(n,n) à coefficients mesurables va requérir des données supplémentaires.

Soit 𝒞\mathscr{C} une décomposition cellulaire de PP  ; pour tout mm, on note 𝒞m\mathscr{C}_{m} l’ensemble des cellules de 𝒞\mathscr{C} qui sont de dimension mm.

Pour toute cellule CC de dimension nn, choisissons un vecteur-volume μC∈|Λn​⟨C⟩→|\mu_{C}\in\mathopen{|}{\Lambda^{n}\overrightarrow{\langle C\rangle}}\mathclose{|}. On note μ\mu la famille (μC)(\mu_{C}) ainsi obtenue ; on dit que c’est un calibrage du polytope PP subordonné à la décomposition 𝒞\mathscr{C}.

Soit UU un ouvert de PP et soit ω\omega une (n,n)(n,n)-forme à coefficients mesurables sur UU.

On pose

∫U⟨|ω|,|μ|⟩=∑C∈𝒞n∫U∩⟨C⟩⟨|ω|,|μC|⟩.\int_{U}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\mu}\mathclose{|}\rangle=\sum_{C\in\mathscr{C}_{n}}\int_{U\cap\langle C\rangle}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\mu_{C}}\mathclose{|}\rangle.

On dit que ω\omega est μ\mu-intégrable si cette somme est finie  ; il revient au même de demander que ω|⟨C⟩∩U\omega|_{\langle C\rangle\cap U} soit μC\mu_{C}-intégrable pour toute cellule C∈𝒞nC\in\mathscr{C}_{n}.

Si ω\omega est μ\mu-intégrable, on définit l’intégrale de ω\omega sur UU relativement au calibrage μ\mu par la formule

∫U⟨ω,μ⟩=∑C∈𝒞n∫U∩⟨C⟩⟨ω,μC⟩.\int_{U}\langle\omega,\mu\rangle=\sum_{C\in\mathscr{C}_{n}}\int_{U\cap\langle C\rangle}\langle\omega,\mu_{C}\rangle. (1.5.1.1)

1.5.2

Soit 𝒟\mathscr{D} une décomposition cellulaire de PP raffinant 𝒞\mathscr{C}. Pour tout D∈𝒟nD\in\mathscr{D}_{n}, il existe une unique cellule λ⁡(D)∈𝒞n\lambda(D)\in\mathscr{C}_{n} telle que D⊂λ⁡(D)D\subset\lambda(D) ; les sous-espace affine engendré par DD est alors égal à ⟨λ⁡(D)⟩\langle\lambda(D)\rangle. On définit un calibrage (νD)(\nu_{D}) de PP subordonné à la décomposition 𝒟\mathscr{D} on posant νD=μλ⁡(D)\nu_{D}=\mu_{\lambda(D)} pour tout D∈𝒟nD\in\mathscr{D}_{n}. On dira qu’il raffine le calibrage μ\mu.

Soit ω\omega une (n,n)(n,n)-forme mesurable sur un ouvert UU de PP. On a alors ∫U⟨|ω|,|ν|⟩=∫U⟨|ω|,|μ|⟩\int_{U}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\nu}\mathclose{|}\rangle=\int_{U}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\mu}\mathclose{|}\rangle. Par conséquent, ω\omega est μ\mu-intégrable si et seulement si elle est ν\nu-intégrable, et si c’est le cas on a ∫U⟨ω,ν⟩=∫U⟨ω,μ⟩\int_{U}\langle\omega,\nu\rangle=\int_{U}\langle\omega,\mu\rangle

1.5.3 Discordance

Soit F∈𝒞n−1F\in\mathscr{C}_{n-1} et soit 𝒞>F\mathscr{C}_{>F} l’ensemble des C∈𝒞nC\in\mathscr{C}_{n} dont FF est une face.

Fixons une orientation oo sur le sous-espace affine ⟨F⟩\langle F\rangle. Pour tout C∈𝒞>FC\in\mathscr{C}_{>F}, munissons l’espace affine ⟨C⟩\langle C\rangle de l’orientation oCo_{C} donnée par oo et la normale sortante. Pour tout C∈𝒞>FC\in\mathscr{C}_{>F}, notons μ~C\tilde{\mu}_{C} le nn-vecteur tel que le vecteur-volume μC\mu_{C} soit la classe du couple (o,μ~C)(o,\tilde{\mu}_{C}). Le nn-vecteur μ~C\tilde{\mu}_{C} appartient à Λn​⟨C⟩→\Lambda^{n}\overrightarrow{\langle C\rangle}, et peut être vu comme appartenant à Λn​V→\Lambda^{n}\overrightarrow{V}.

Notons μ~F\tilde{\mu}_{F} la somme dans Λn​V→\Lambda^{n}\overrightarrow{V} des vecteurs μ~C\tilde{\mu}_{C} pour CC parcourant 𝒞>F\mathscr{C}_{>F} ; la classe μF\mu_{F} du couple (o,μ~F)(o,\tilde{\mu}_{F}) dans le produit contracté Or⁡(F)×{±1}Λn​V→\operatorname{Or}(F)\times_{\{\pm 1\}}\Lambda^{n}\overrightarrow{V} ne dépend pas du choix de l’orientation oo. On dit que c’est la discordance du calibrage μ\mu le long de la face FF  ; on dit que la face FF est harmonieuse si cette discordance est nulle.

1.5.4 Intégrale de bord

Soit ω\omega une (n−1,n)(n-1,n)-forme mesurable sur un ouvert UU de PP, et soit x∈F∩Ux\in F\cap U. La forme ω\omega est définie au voisinage de xx par un germe η\eta de (n−1,n)(n-1,n)-forme à coefficients mesurables.

L’élément ⟨η,μ~F⟩|F\langle\eta,\tilde{\mu}_{F}\rangle|_{F} de (ℱF⊗𝒜FΩFn−1)x(\mathscr{F}_{F}\otimes_{\mathscr{A}_{F}}\Omega^{n-1}_{F})_{x} est alors bien défini. En effet, pour toute cellule C∈𝒞FC\in\mathscr{C}_{F}, le germe ⟨η,μ~C⟩|F\langle\eta,\tilde{\mu}_{C}\rangle|_{F} est égal à la restriction à FF de ⟨η|C,μ~C⟩\langle\eta|_{C},\tilde{\mu}_{C}\rangle, lequel est uniquement déterminé, par la définition-même du faisceau des formes sur un polytope.

La forme ω\omega donne ainsi naissance sans ambiguïté à une (n−1)(n-1)-forme différentielle (classique) à coefficients mesurables sur U∩FU\cap F, que l’on notera ⟨ω,μ~F⟩\langle\omega,\tilde{\mu}_{F}\rangle.

La masse totale de la mesure sur U∩FU\cap F déduite de ⟨ω,μ~F⟩\langle\omega,\tilde{\mu}_{F}\rangle ne dépend que de μF\mu_{F} et sera notée ∫F∩U⟨|ω|,|μF|⟩\int_{F\cap U}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\mu_{F}}\mathclose{|}\rangle. Si cette masse est finie, l’intégrale de ⟨ω,μ~F⟩\langle\omega,\tilde{\mu}_{F}\rangle sur U∩FU\cap F ne dépend que de μF\mu_{F} et sera notée ∫F∩U⟨ω,μF⟩\int_{F\cap U}\langle\omega,\mu_{F}\rangle.

On pose alors

∫∂𝒞P∩U⟨|ω|,|∂μ|⟩=∑F∈𝒞m−1∫F∩U⟨|ω|,|μF|⟩.\int_{\partial_{\mathscr{C}}P\cap U}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\partial\mu}\mathclose{|}\rangle=\sum_{F\in\mathscr{C}_{m-1}}\int_{F\cap U}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\mu_{F}}\mathclose{|}\rangle.

On dit que ω\omega est ∂μ\partial\mu-intégrable si cette somme est finie, et si c’est le cas l’on pose

∫U∩∂𝒞P⟨ω,∂μ⟩=∑F∈𝒞n−1∫F∩U⟨ω,μF⟩.\int_{U\cap\partial_{\mathscr{C}}P}\langle\omega,\partial\mu\rangle=\sum_{F\in\mathscr{C}_{n-1}}\int_{F\cap U}\langle\omega,\mu_{F}\rangle. (1.5.4.1)

Si ω\omega est ∂μ\partial\mu-intégrable, il résulte de nos constructions que l’on peut également écrire

∫U∩∂𝒞P⟨ω,∂μ⟩=∑F∈𝒞m−1,C∈𝒞>F∫F∩U⟨ω,∂μC+⟩,\int_{U\cap\partial_{\mathscr{C}}P}\langle\omega,\partial\mu\rangle=\sum_{\begin{subarray}{c}F\in\mathscr{C}_{m-1},\\ C\in\mathscr{C}_{>F}\end{subarray}}\int_{F\cap U}\langle\omega,\partial\mu_{C}^{+}\rangle,

où la notation ∂μC+\partial\mu_{C}^{+} est celle de 1.3.7, relative au demi-espace de ⟨C⟩\langle C\rangle bordé par ⟨F⟩\langle F\rangle et contenant CC.

On prendra garde qu’en général, ∂𝒞P\partial_{\mathscr{C}}P contient strictement le bord de PP. Dans ce cas, ∫∂𝒞⟨ω,∂μ⟩\int_{\partial\mathscr{C}}\langle\omega,\partial\mu\rangle fait intervenir des (n−1)(n-1)-faces qui sont intérieures à PP. En revanche, seules interviennent les faces qui ne sont pas harmonieuses.

1.5.5

Soit 𝒟\mathscr{D} une décomposition cellulaire de PP raffinant 𝒞\mathscr{C}, et soit ν\nu le raffinement correspondant de μ\mu. Soit ω\omega une(n−1,n)(n-1,n)-forme intégrable sur PP. On a alors ∫∂𝒟P⟨|ω|,|∂ν|⟩=∫∂𝒞P⟨|ω|,|∂μ|⟩\int_{\partial_{\mathscr{D}}P}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\partial\nu}\mathclose{|}\rangle=\int_{\partial_{\mathscr{C}}P}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\partial\mu}\mathclose{|}\rangle, et ∫∂𝒟P⟨ω,∂ν⟩=∫∂𝒞P⟨ω,∂μ⟩\int_{\partial_{\mathscr{D}}P}\langle\omega,\partial\nu\rangle=\int_{\partial_{\mathscr{C}}P}\langle\omega,\partial\mu\rangle dans le cas intégrable.

En effet, soit FF une cellule appartenant à 𝒟n−1\mathscr{D}_{n-1} qui n’est pas contenue dans une cellule appartenant à 𝒞n−1\mathscr{C}_{n-1}. Elle est alors contenue dans exactement deux nn-cellules cellules DD et D′D^{\prime} de 𝒟\mathscr{D}, elles-mêmes contenues dans une même nn-cellule CC de 𝒞\mathscr{C}. Si (o,v)(o,v) désigne un représentant de μC\mu_{C} alors comme DD et D′D^{\prime} induisent deux orientations opposées sur FF, la discordance νF\nu_{F} est de la forme (o′,v−v)=(o′​,0)(o^{\prime},v-v)=(o^{\prime},0), et FF est harmonieuse.

Seules interviennent donc effectivement dans le calcul des intégrales le long de ∂𝒟P\partial_{\mathscr{D}}P les (n−1)(n-1)-cellules de 𝒟\mathscr{D} contenues dans une (n−1)(n-1)-cellule de 𝒞\mathscr{C}, d’où l’assertion, compte-tenu du fait (qui résulte immédiatement des définitions) que sur une telle cellule, la discordance de la restriction coïncide avec la restriction de la discordance.

1.5.6

Comme ils définissent aussi la même intégrale, nous identifierons implicitement, dans la suite, deux calibrages qui ont un raffinement commun.

Ainsi, un calibrage μ\mu ne sera plus subordonné à une décomposition polytopale 𝒞\mathscr{C} donnée. Aussi écrirons-nous ∫P⟨ω,∂μ⟩\int_{P}\langle\omega,\partial\mu\rangle au lieu de ∫∂𝒞P⟨ω,μ⟩\int_{\partial_{\mathscr{C}}P}\langle\omega,\mu\rangle. Nous nous contenterons de voir ceci comme une convention d’écriture ; au vu de (1.5.4.1), on pourrait lui donner un sens plus précis en définissant le « bord » ∂μ\partial\mu de μ\mu comme la donnée à raffinement près des différentes discordances.

\lemmname 1.5.7 (Formules de Stokes et Green).

Soit VV un espace affine, soit PP un sous-espace linéaire par morceaux de VV et soit μ\mu un calibrage de PP. Soit ω\omega une (n−1,n)(n-1,n)-forme lisse et à support compact sur PP. On a la formule de Stokes :

∫X⟨d′⁡ω,μ⟩=∫X⟨ω,∂μ⟩.\int_{X}\langle\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\omega,\mu\rangle=\int_{X}\langle\omega,\partial\mu\rangle. (1.5.7.1)

Soit α\alpha et β\beta des (p,p)(p,p) et (q,q)(q,q)-formes lisses et symétriques sur PP, où p+q=p−1p+q=p-1. Si l’intersection de leurs supports est compact, on a la formule de Green :

∫X⟨α∧d′​d′′⁡β−d′​d′′⁡α∧β,μ⟩=∫X⟨α∧d′′⁡β−d′′⁡α∧β,∂μ⟩.\int_{X}\langle\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime}\mathrm{d}^{\prime\prime}}\beta-\mathop{\mathrm{d}^{\prime}\mathrm{d}^{\prime\prime}}\alpha\wedge\beta,\mu\rangle=\int_{X}\langle\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\beta-\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\alpha\wedge\beta,\partial\mu\rangle. (1.5.7.2)
Démonstration.

Ces formules résultent de celles démontrées ci-dessus pour des demi-espaces et de la définition des calibrages et des discordances.

En effet, supposons d’abord que PP soit un livre : sa tranche est un sous-espace affine WW de dimension n−1n-1 de VV, ses pages des demi-espaces Vi+V_{i}^{+} de bord WW dans des sous-esapces affines de dimension de nn de VV contenant WW. Fixons une orientation sur WW et munissons les espaces ViV_{i} de l’orientation correspondant à la normale sortante. Le calibrage μ\mu correspond alors à des nn-vecteurs μ~i\tilde{\mu}_{i} de V→i\overrightarrow{V}_{i}, la discordance μW\mu_{W} à leur somme. D’après la formule de Stokes (lemme 1.3.8), on a

∫X⟨d′⁡ω,μ⟩=∑i∫Vi+⟨d′⁡ω,μi⟩=∑i∫W⟨ω,μi⟩=∫W⟨ω,μW⟩=∫X⟨ω,∂μ⟩.\int_{X}\langle\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\omega,\mu\rangle=\sum_{i}\int_{V_{i}^{+}}\langle\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\omega,\mu_{i}\rangle=\sum_{i}\int_{W}\langle\omega,\mu_{i}\rangle=\int_{W}\langle\omega,\mu_{W}\rangle=\int_{X}\langle\omega,\partial\mu\rangle.

Cela démontre la formule de Stokes dans ce cas particulier.

Pour traiter le cas général, fixons une décomposition cellulaire 𝒞\mathscr{C} de PP.

La réunion ∂2𝒞\partial^{2}\mathscr{C} des cellules de 𝒞\mathscr{C} de dimension au plus n−2n-2 intersecte chaque cellule CC de dimension ≥n−1\geq n-1 de 𝒞\mathscr{C} selon un ensemble de mesure nulle dans l’espace affine ⟨C⟩\langle C\rangle.

Il s’ensuit que le compact ∂2𝒞∩supp⁡(ω)\partial^{2}\mathscr{C}\cap\operatorname{supp}(\omega) possède un voisinage dont la trace sur chaque cellule CC de dimension ≥n−1\geq n-1 est de mesure arbitrairement petite dans ⟨C⟩\langle C\rangle.

Pour tout point xx de P ∂2𝒞P\mathchoice{\mathbin{\vrule height=3.09999pt,width=6.93192pt,depth=-1.63612pt}}{\mathbin{\vrule height=3.09999pt,width=6.93192pt,depth=-1.63612pt}}{\mathbin{\vrule height=2.15277pt,width=3.65973pt,depth=-1.20554pt}}{\mathbin{\vrule height=0.86108pt,width=2.45418pt,depth=-1.03334pt}}\partial^{2}\mathscr{C}, il existe un voisinage UxU_{x} de xx dans VV et un livre LxL_{x} tel que Lx∩Ux=X∩UxL_{x}\cap U_{x}=X\cap U_{x}. Comme on a prouvé la formule de Stokes pour les livres, un argument de partition de l’unité et de passage à la limite (pour traiter ce qui se passe au voisinage de ∂2𝒞∩supp⁡(ω)\partial^{2}\mathscr{C}\cap\operatorname{supp}(\omega)) l’entraîne dans le cas général.

La formule de Green se prouve de la même façon. ∎

1.5.8 Fonctorialité

Soit u:V→Wu\colon V\rightarrow W une application affine, soit PP un polytope de VV de dimension ≤n\leq n, et soit QQ son image dans WW. Soit 𝒞\mathscr{C} une décomposition cellulaire de PP, assez fine pour que son image 𝒟\mathscr{D} par uu soit une décomposition cellulaire de QQ. Soit μ\mu un calibrage de PP subordonné à la décomposition 𝒞\mathscr{C}. On définit comme suit un calibrage u∗​μu_{*}\mu de QQ subordonné à la décomposition 𝒟\mathscr{D}. Soit D∈𝒟nD\in\mathscr{D}_{n}. Soit 𝒞D\mathscr{C}_{D} l’ensemble des nn-cellules de 𝒞\mathscr{C} qui s’envoient sur DD  ; l’application uu induit pour tout C∈𝒞DC\in\mathscr{C}_{D} un homéomorphisme C≃DC\simeq D et une bijection affine ⟨C⟩≃⟨D⟩\langle C\rangle\simeq\langle D\rangle.

Fixons une orientation oo de ⟨D⟩.→\overrightarrow{\langle D\rangle.} Elle induit une orientation oCo_{C} de ⟨C⟩→\overrightarrow{\langle C\rangle} pour toute cellule C∈𝒟C\in\mathscr{D}.

Pour tout C∈𝒞DC\in\mathscr{C}_{D}, il existe un unique vC∈Λn​⟨C⟩→v_{C}\in\Lambda^{n}\overrightarrow{\langle C\rangle} tel que μC\mu_{C} soit égal à la classe de (oC,vC)(o_{C},v_{C})  ; soit wCw_{C} son image dans Λn​⟨D⟩→\Lambda^{n}\overrightarrow{\langle D\rangle}. Le couple (o,∑C∈𝒞DwC)(o,\sum_{C\in\mathscr{C}_{D}}w_{C}) définit un vecteur-volume νD\nu_{D} sur l’espace ⟨D⟩→\overrightarrow{\langle D\rangle}.

On pose u∗​μ=(νD)D∈𝒟nu_{*}\mu=(\nu_{D})_{D\in\mathscr{D}_{n}}.

Soit ω\omega une forme à coefficients mesurables de type (n,n)(n,n) (resp. (n−1,n)(n-1,n)) sur un ouvert UU de QQ. La forme u∗​ωu^{*}\omega est intégrable si et seulement si ω\omega est intégrable : cela provient du fait que si CC est une cellule de dimension nn (resp. n−1n-1) contenue dans PP (on ne demande pas que C∈𝒞C\in\mathscr{C}) et si u|Cu_{|C} n’est pas injective, la restriction de u∗​ωu^{*}\omega à ⟨C⟩∩U\langle C\rangle\cap U est nulle, parce qu’elle provient d’un espace affine de dimension <n<n (resp. <n−1<n-1).

Lorsque ω\omega est intégrable, on a les égalités

∫u−1​(U)⟨u∗​ω,μ⟩=∫U⟨ω,u∗​(μ)⟩,et∫u−1​(U)⟨u∗​ω,∂μ⟩=∫U⟨ω,∂u∗​(μ)⟩.\int_{u^{-1}(U)}\langle u^{*}\omega,\mu\rangle=\int_{U}\langle\omega,u_{*}(\mu)\rangle,\quad\text{et}\quad\int_{u^{-1}(U)}\langle u^{*}\omega,\partial\mu\rangle=\int_{U}\langle\omega,\partial u_{*}(\mu)\rangle.

Original mathematics by the credited authors. Source-backed reader collection; mathematical self-containment is not assessed.