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6.3.1 [01VP]

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6.3.1

Soit XX un espace kk-analytique et soit LL un fibré en droites sur XX, localement trivial pour la topologie usuelle de XX.

On dit qu’une métrique continue sur LL est psh (resp. localement psh-approchable, resp. localement approchable) si, pour toute section inversible locale ss de LL, la fonction continue log⁡∥s∥−1\log\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|}^{-1} est psh (resp. localement psh-approchable, resp. localement approchable). Pour qu’il en soit ainsi, il suffit que LL possède une telle section au voisinage de tout point de XX.

On dit qu’une métrique continue ∥⋅∥\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|} sur LL est (globalement) psh-approchable s’il existe une suite (∥⋅∥n)(\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}_{n}) de métriques psh lisses telles que les fonctions continues log⁡(∥⋅∥/∥⋅∥n)\log(\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}/\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}_{n}) sur XX convergent uniformément vers 00.

On dit qu’une métrique continue sur LL est (globalement) approchable s’il existe deux fibrés en droites L1L_{1} et L2L_{2} sur XX, munis de métriques globalement psh-approchables, tels que L¯≃L¯1⊗L¯2−1\bar{L}\simeq\bar{L}_{1}\otimes\bar{L}_{2}^{-1}.

\propname 6.3.2.

Sur l’espace projectif 𝐏n\mathbf{P}^{n}, le fibré en droite 𝒪⁡(1)\mathscr{O}(1) muni de sa métrique formelle canonique est globalement psh-approchable.

Démonstration.

Pour tout entier p≥0p\geq 0 et tout nombre réel η>0\eta>0, Demailly définit dans [26], Lemme 5.18, une fonction Mη:𝐑p→𝐑M_{\eta}\colon\mathbf{R}^{p}\rightarrow\mathbf{R} vérifiant les propriétés suivantes :

  1. 1.

    La fonction MηM_{\eta} est lisse, convexe et croissante en chaque variable ;

  2. 2.

    Pour tout (t1,…,tp)∈𝐑p(t_{1},\dots,t_{p})\in\mathbf{R}^{p},

    max⁡(t1,…,tp)≤Mη​(t1,…,tp)≤max⁡(t1,…,tp)+η;\max(t_{1},\dots,t_{p})\leq M_{\eta}(t_{1},\dots,t_{p})\leq\max(t_{1},\dots,t_{p})+\eta;
  3. 3.

    Si tj+η≤maxi≠j⁡(ti−η)t_{j}+\eta\leq\max_{i\neq j}(t_{i}-\eta), on a

    Mη​(t1,…,tp)=Mη​(t1,…,tj^,…,tp);M_{\eta}(t_{1},\dots,t_{p})=M_{\eta}(t_{1},\dots,\widehat{t_{j}},\dots,t_{p})\ ;
  4. 4.

    Pour tout t∈𝐑t\in\mathbf{R},

    Mη​(t1+t,…,tp+t)=Mη​(t1,…,tp)+t.M_{\eta}(t_{1}+t,\dots,t_{p}+t)=M_{\eta}(t_{1},\dots,t_{p})+t.

Il résulte de la continuité de la fonction MηM_{\eta} et de la propriété d) que l’on définit une métrique continue ∥⋅∥η\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}_{\eta} sur 𝒪⁡(1)\mathscr{O}(1) en posant

log∥sP∥η−1([x0:…:xn])=−log|P(x0,…,xn)|+Mη(log|x0|,…,log|xn|)\log\mathopen{\|}{s_{P}}\mathclose{\|}_{\eta}^{-1}([x_{0}:\dots:x_{n}])=-\log\mathopen{|}{P(x_{0},\dots,x_{n})}\mathclose{|}+M_{\eta}(\log\mathopen{|}{x_{0}}\mathclose{|},\dots,\log\mathopen{|}{x_{n}}\mathclose{|})

pour tout polynôme PP homogène de degré 11. En outre, la propriété b) ci-dessus entraîne que

log⁡∥sP∥η−1−log⁡∥sP∥−1=Mη​(log⁡|x0|,…,log⁡|xn|)−max⁡(log⁡|x0|,…,log⁡|xn|CLOSE\log\mathopen{\|}{s_{P}}\mathclose{\|}_{\eta}^{-1}-\log\mathopen{\|}{s_{P}}\mathclose{\|}^{-1}=M_{\eta}(\log\mathopen{|}{x_{0}}\mathclose{|},\dots,\log\mathopen{|}{x_{n}}\mathclose{|})-\max(\log\mathopen{|}{x_{0}}\mathclose{|},\dots,\log\mathopen{|}{x_{n}}\mathclose{|}

appartient à l’intervalle [0,η][0,\eta]. Par suite, la métrique ∥⋅∥η\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}_{\eta} converge uniformément vers ∥⋅∥\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|} lorsque η→0\eta\rightarrow 0. Il reste à démontrer que la métrique ∥⋅∥η\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}_{\eta} est lisse et psh.

Soit x=[x0:…:xn]x=[x_{0}:\dots:x_{n}] un point de 𝐏n\mathbf{P}^{n} ; supposons pour fixer les idées que x0,…,xp≠0x_{0},\dots,x_{p}\neq 0 mais xp+1=⋯=xn=0x_{p+1}=\dots=x_{n}=0. Prenons pour PP le polynôme X0X_{0}. Les fonctions rationnelles f1=x1/x0,…,fp=xp/x0f_{1}=x_{1}/x_{0},\dots,f_{p}=x_{p}/x_{0} sont inversibles au voisinage de xx ; dans ce voisinage,

log⁡∥sP∥η−1​(x)\displaystyle\log\mathopen{\|}{s_{P}}\mathclose{\|}_{\eta}^{-1}(x) =−log⁡|x0|+Mη​(log⁡|x0|,…,log⁡|xn|)\displaystyle=-\log\mathopen{|}{x_{0}}\mathclose{|}+M_{\eta}(\log\mathopen{|}{x_{0}}\mathclose{|},\dots,\log\mathopen{|}{x_{n}}\mathclose{|})
=Mη​(0,log⁡|f1​(x)|,…,log⁡|fp​(x)|)\displaystyle=M_{\eta}(0,\log\mathopen{|}{f_{1}(x)}\mathclose{|},\dots,\log\mathopen{|}{f_{p}(x)}\mathclose{|})

si UU est pris assez petit pour que l’on ait

supUsupj>plog⁡|xj/x0|+η≤infUmaxi≤p⁡log⁡|xi/x0|−η.\sup_{U}\sup_{j>p}\log\mathopen{|}{x_{j}/x_{0}}\mathclose{|}+\eta\leq\inf_{U}\max_{i\leq p}\log\mathopen{|}{x_{i}/x_{0}}\mathclose{|}-\eta.

Comme MηM_{\eta} est lisse et convexe sur 𝐑p+1\mathbf{R}^{p+1}, cette formule prouve que la métrique ∥⋅∥η\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}_{\eta} est lisse et psh sur UU, d’où l’assertion. ∎

\coroname 6.3.3.

Soit XX une kk-variété projective, soit LL un fibré en droites sur XX dont une puissance strictement positive est engendrée par ses sections globales. Alors, LL possède une métrique lisse psh.

Démonstration.

Par hypothèse, il existe un entier d≥1d\geq 1 et un morphisme p:X→𝐏knp\colon X\rightarrow\mathbf{P}^{n}_{k} tel que p∗​𝒪​(1)p^{*}\mathscr{O}(1) soit isomorphe à L⊗dL^{\otimes d}. L’image réciproque d’une métrique lisse psh sur 𝒪⁡(1)\mathscr{O}(1) induit une métrique lisse psh sur L⊗dL^{\otimes d}, et donc aussi sur LL. ∎

\coroname 6.3.4.

Soit XX une kk-variété propre, soit 𝔛\mathfrak{X} un k0k^{0}-modèle propre de XX, soit 𝔏\mathfrak{L} un fibré en droites sur 𝔛\mathfrak{X} et soit (L,∥⋅∥)(L,\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}) sa fibre générique, muni de sa métrique formelle canonique. Si une puissance strictement positive de 𝔏\mathfrak{L} est engendrée par ses sections globales, alors L¯\bar{L} est globalement psh-approchable.

Démonstration.

Par hypothèse, il existe un entier d≥1d\geq 1 et un morphisme p:𝔛→𝐏k0Np\colon\mathfrak{X}\rightarrow\mathbf{P}^{N}_{k^{0}} tel que p∗​𝒪​(1)p^{*}\mathscr{O}(1) soit isomorphe à 𝔏⊗d\mathfrak{L}^{\otimes d}. Cela prouve que la métrique sur L⊗dL^{\otimes d} déduite de la métrique formelle de LL est l’image réciproque par pp de la métrique de Weil sur 𝒪⁡(1)\mathscr{O}(1). Le lemme en résulte. ∎

\coroname 6.3.5.

Soit XX une kk-variété projective, soit L¯\bar{L} un fibré en droites sur XX muni d’une métrique formelle. Alors L¯\bar{L} est approchable.

Démonstration.

Soit (𝔛,𝔏)(\mathfrak{X},\mathfrak{L}) un modèle formel de (X,L)(X,L) induisant la métrique formelle donnée de L¯\bar{L}. Comme XX possède un modèle formel qui est projectif, on peut supposer que 𝔛\mathfrak{X} est projectif sur k0k^{0}. Il résulte alors du théorème de comparaison géométrie algébrique/géométrie formelle (théorème 2.13.8 de [1]) que 𝔏\mathfrak{L} est un fibré en droites algébrique sur 𝔛\mathfrak{X}. Dans ces conditions, il existe deux fibrés en droites amples 𝔏1\mathfrak{L}_{1} et 𝔏2\mathfrak{L}_{2} sur 𝔛\mathfrak{X} tels que 𝔏≃𝔏1⊗𝔏2−1\mathfrak{L}\simeq\mathfrak{L}_{1}\otimes\mathfrak{L}_{2}^{-1}. Pour i∈{1,2}i\in\{1,2\}, soit L¯i\bar{L}_{i} la fibre générique de 𝔏i\mathfrak{L}_{i}, muni de sa métrique formelle canonique  ; c’est une métrique psh-approchable. L’isomorphisme 𝔏≃𝔏1⊗𝔏2−1\mathfrak{L}\simeq\mathfrak{L}_{1}\otimes\mathfrak{L}_{2}^{-1} induit un isomorphisme L≃L1⊗L2−1L\simeq L_{1}\otimes L_{2}^{-1}. C’est même une isométrie, d’où le corollaire. ∎

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