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3.2.1 [01NX]

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3.2.1

Comme pour toute section d’un faisceau de groupes abéliens, le support d’une forme différentielle ω\omega de type (p,q)(p,q) est l’ensemble des points où son germe n’est pas nul ; c’est aussi le complémentaire du plus grand ouvert à la restriction duquel cette forme est nul. Ce paragraphe est consacré à quelques propriétés de ce support, en lien avec la géométrie tropicale.

\lemmname 3.2.2.

Soit XX un espace analytique compact, et soit ω\omega une forme de type (p,q)(p,q) sur XX, à coefficients dans ℱ\mathscr{F}. Soit (f:X→T,α)(f\colon X\rightarrow T,\alpha) une présentation de ω\omega. Si ω=0\omega=0 alors α=0\alpha=0.

Démonstration.

Par définition, tout point de XX possède un voisinage ouvert UU tel que la restriction à UU de ω\omega fournisse l’objet nul de la limite inductive ℱpfp,q​(U)\mathscr{F}_{\text{pf}}^{p,q}(U). Il existe en conséquence, par compacité de XX, une famille finie (fi:Ui→Ti,qi:Ti→T,Pi)(f_{i}\colon U_{i}\rightarrow T_{i},q_{i}\colon T_{i}\rightarrow T,P_{i}), où les UiU_{i} sont des ouverts qui recouvrent XX, où (fi:Ui→Ti,Pi)(f_{i}\colon U_{i}\rightarrow T_{i},P_{i}) est pour tout ii une carte tropicale sur UiU_{i}, et où qiq_{i} est pour tout ii un morphisme affine de tores de TiT_{i} vers TT tel que qi,trop​(Pi)⊂ftrop​(X)q_{i,{\text{trop}}}(P_{i})\subset f_{\text{trop}}(X) et (qi,trop|Pi)∗​α=0(q_{i,{\text{trop}}}|_{P_{i}})^{*}\alpha=0.

Comme les UiU_{i} recouvrent XX, le polytope ftrop​(X)f_{\text{trop}}(X) est la réunion des images par les qi,tropq_{i,{\text{trop}}} des sous-espaces linéaires par morceaux PiP_{i}. Il existe donc une décomposition cellulaire 𝒞\mathscr{C} de ftrop​(X)f_{\text{trop}}(X) et, pour tout ii, une décomposition cellulaire 𝒟i\mathscr{D}_{i} de PiP_{i}, telles que toute cellule de 𝒞\mathscr{C} soit l’image pour un certain ii, d’une cellule de 𝒟i\mathscr{D}_{i} par qi,tropq_{i,{\text{trop}}}.

Soit Q∈𝒞Q\in\mathscr{C}. Choisissons ii et une cellule Q′∈𝒟iQ^{\prime}\in\mathscr{D}_{i} telle que qi,trop​(Q′)=Qq_{i,{\text{trop}}}(Q^{\prime})=Q. L’application qi,tropq_{i,{\text{trop}}} induit alors une surjection affine de ⟨Q′⟩\langle Q^{\prime}\rangle sur ⟨Q⟩\langle Q\rangle, et la restriction de qi,trop∗​αq_{i,{\text{trop}}}^{*}\alpha au vosinage de Q′Q^{\prime} dans ⟨Q′⟩\langle Q^{\prime}\rangle est nulle car (qi,trop|Pi)∗​α=0(q_{i,{\text{trop}}}|_{P_{i}})^{*}\alpha=0. Par suite, la restriction au voisinage de QQ dans ⟨Q⟩\langle Q\rangle de la forme α\alpha est nulle.

Il en résulte que α=0\alpha=0, ce qu’il fallait démontrer. ∎

\coroname 3.2.3.

Conservons les notations du lemme. Notons KK le support de ω\omega dans XX et HH celui de α\alpha dans ftrop​(X)f_{\text{trop}}(X). On a H=ftrop​(K)H=f_{\text{trop}}(K).

Démonstration.

Soit xx un point de XX. Soit QQ un voisinage de ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) dans ftrop​(X)f_{\text{trop}}(X) qui est un polytope compact. Le domaine analytique W=ftrop−1​(Q)W=f_{\text{trop}}^{-1}(Q) de XX est un voisinage de xx et ω|W=(f|W)∗​(α|Q)\omega|_{W}=(f|_{W})^{*}(\alpha|_{Q}).

Supposons que xx appartienne à KK. Le compact KK rencontre alors l’intérieur de WW, ce qui entraîne que ω|W≠0\omega|_{W}\neq 0, et donc que α|Q≠0\alpha|_{Q}\neq 0. Il s’ensuit que HH rencontre QQ. Comme QQ peut être choisi arbitrairement petit, ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) appartient à HH, d’où l’inclusion ftrop​(K)⊂Hf_{\text{trop}}(K)\subset H.

Inversement, supposons que ftrop​(x)∈Hf_{\text{trop}}(x)\in H. Par définition de HH, la restriction à QQ de la forme α\alpha est non nulle. Il s’ensuit d’après le lemme, que la restriction de ω\omega à ftrop−1​(Q)f_{\text{trop}}^{-1}(Q) est non nulle. Par conséquent, ftrop−1​(Q)f_{\text{trop}}^{-1}(Q) rencontre KK, et Q=ftrop​(ftrop−1​(Q))Q=f_{\text{trop}}(f_{\text{trop}}^{-1}(Q)) rencontre ftrop​(K)f_{\text{trop}}(K). Comme QQ est un voisinage arbitrairement petit de ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x), celui-ci est adhérent à ftrop​(K)f_{\text{trop}}(K). Puisque ftrop​(K)f_{\text{trop}}(K) est compact, ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) appartient à ftrop​(K)f_{\text{trop}}(K). ∎

\coroname 3.2.4.

Soit XX un espace kk-analytique, soit ω\omega une forme à coefficients mesurables sur XX, et soit (Xi)(X_{i}) un G-recouvrement de XX par des domaines analytiques. Si ω|Xi=0\omega|_{X_{i}}=0 pour tout ii, alors ω=0\omega=0.

Démonstration.

On peut raisonner localement, ce qui ramène le problème au cas où XX est compact, où ω\omega est tropicale, et où (Xi)(X_{i}) est un recouvrement fini de XX par des domaines analytiques compacts.

Soit (f:X→T,α)(f\colon X\to T,\alpha) une présentation de ω\omega. En vertu du lemme 3.2.2, la restriction de α\alpha à ftrop​(Xi)f_{\text{trop}}(X_{i}) est nulle pour tout ii.

Comme ftrop​(X)=⋃ftrop​(Xi)f_{\text{trop}}(X)=\bigcup f_{\text{trop}}(X_{i}), il vient α=0\alpha=0, et donc ω=0\omega=0.

∎

\lemmname 3.2.5.

Soit XX un espace kk-analytique de dimension nn, soit ω\omega une (p,q)(p,q)-forme sur XX à coefficients mesurables, et soit xx un point de XX tel que dk​(x)<max⁡(p,q)d_{k}(x)<\max(p,q). Il existe un voisinage analytique compact VV de xx dans XX tel ω|V=0\omega|_{V}=0.

Démonstration.

Soit VV un voisinage analytique compact tel que dim(ftrop​(V))\dim(f_{\text{trop}}(V)) soit égal à la dimension tropicale dd de ff en xx, et tel que VV tropicalise ω\omega.

Choisissons une présentation (f:V→T,α)(f\colon V\rightarrow T,\alpha) de ω\omega. On a d≤dk​(x)<max⁡(p,q)d\leq d_{k}(x)<\max(p,q). Par conséquent, ℱftrop​(V)p,q=0\mathscr{F}_{f_{\text{trop}}(V)}^{p,q}=0 et α=0\alpha=0. ∎

\lemmname 3.2.6.

Soit f:Y→Xf\colon Y\to X un morphisme entre espaces kk-analytiques. On suppose que YY est purement de dimension nn et XX purement de dimension dd. Soit y∈Yy\in Y tel que dk​(f​(y))=dd_{k}(f(y))=d. La dimension de ff en yy est alors égale à n−dn-d.

Démonstration.

Posons x=f⁡(y)x=f(y). Quitte à remplacer XX par un domaine affinoïde X′X^{\prime} de XX contenant XX, et YY par un domaine affinoïde de f−1​(X′)f^{-1}(X^{\prime}) contenant yy, on peut supposer que XX et YY sont affinoïdes.

Soit rr la dimension de ff en yy. D’après le théorème 4.6 de [28], la flèche Y→XY\to X se factorise par un morphisme Y→𝐀XrY\to\mathbf{A}^{r}_{X} de dimension relative nulle en yy.

En vertu de la variante analytique du Main Theorem de Zariski (th. 3.2 de [28]), il existe un voisinage affinoïde VV de yy dans YY, un morphisme étale T→𝐀XrT\to\mathbf{A}^{r}_{X}, et un domaine affinoïde WW de TT tels que Y→𝐀XrY\to\mathbf{A}^{r}_{X} se factorise par un morphisme fini V→WV\to W.

Comme XX est purement de dimension dd, il résulte du lemme 2.3.3 de [30] que TT est purement de dimension d+rd+r. Il en est donc de même de son domaine analytique WW. De ce fait, la dimension de VV est inférieure ou égale à d+rd+r. En tant que domaine affinoïde de YY, l’espace VV est purement de dimension nn  ; on a donc n≤d+rn\leq d+r.

Par ailleurs, par définition de rr il existe une composante irréductible ZZ de f−1​(X)f^{-1}(X) contenant yy et de dimension rr. Celle-ci possède un point zz tel que dℋ⁡(f⁡(x))​(z)=rd_{{\mathscr{H}}(f(x))}(z)=r  ; comme dk​(x)=dd_{k}(x)=d, on a dk​(z)=r+dd_{k}(z)=r+d.

En conséquence, d+r≤nd+r\leq n, d’où finalement l’égalité d+r=nd+r=n. ∎

\propname 3.2.7.

Soit XX un espace kk-analytique sans bord, purement de dimension nn. Soit ω\omega une forme de type (p,q)(p,q) à coefficients tropicalement continus sur XX et soit KK son support. Les points xx de KK tels que dk​(x)=nd_{k}(x)=n sont denses dans KK.

Démonstration.

Quitte à remplacer XX par un voisinage ouvert d’un point de KK, il suffit de prouver que KK contient un tel point xx. On peut aussi supposer que ω\omega est tropicale. Soit donc (f:X→𝐆mN,P,α)(f\colon X\rightarrow\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N},P,\alpha) une présentation de ω\omega.

Soit xx un point de KK et soit VV un voisinage affinoïde de xx possédant la propriété suivante : pour tout voisinage affinoïde WW de xx dans VV, le compact ftrop​(W)f_{\text{trop}}(W) est un voisinage de ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) dans ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V)  ; l’existence d’un tel VV découle de 2.3.3.

Fixons un voisinage affinoïde WW de xx dans Int⁡(V/X){\rm Int}\;(V/X). Comme VV est un voisinage de xx dans XX et comme xx appartient au support de ω\omega, la restriction à VV de ω\omega n’est pas nulle. Par suite, ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) appartient au support de α|ftrop​(V)\alpha|_{f_{\text{trop}}(V)} (corollaire 3.2.3).

Fixons une décomposition cellulaire 𝒞\mathscr{C} de ftrop​(W)f_{\text{trop}}(W), et soit QQ la réunion des cellules maximales de 𝒞\mathscr{C} qui contiennent ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x). Comme ftrop​(W)f_{\text{trop}}(W) est un voisinage de ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) dans ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V), le polytope QQ est lui-même un voisinage de ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) dans ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V).

Il s’ensuit que α|Q≠0\alpha|_{Q}\neq 0  ; par conséquent, il existe une cellule maximale CC de 𝒞\mathscr{C} (contenue dans QQ), dont on note dd la dimension, telle que α|C≠0\alpha|_{C}\neq 0  ; la forme α\alpha étant à coefficients continus, il existe un ouvert C1C_{1} de CC, contenu dans son intérieur, tel que α|C1≠0\alpha|_{C_{1}}\neq 0  ; notons que C1C_{1} est ouvert dans ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V).

L’espace V′=(ftrop)|V−1​(C1)∩Int​VV^{\prime}=(f_{\text{trop}})|_{V}^{-1}(C_{1})\cap{\rm Int}\;V est un ouvert de XX.

Soit p:𝐆mN→𝐆mdp\colon\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N}\rightarrow\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{d} un morphisme affine de tores tel que ptropp_{\text{trop}} soit injectif sur ⟨C⟩\langle C\rangle, de sorte que C′=ptrop​(C1)C^{\prime}=p_{\text{trop}}(C_{1}) est un ouvert non vide de 𝐆m,tropd\mathbf{G}_{\mathrm{m},{\text{trop}}}^{d}. Il existe une forme α′\alpha^{\prime} sur C′C^{\prime} telle que α|C1=p∗​α′\alpha|_{C_{1}}=p^{*}\alpha^{\prime}. Posons f′=p∘ff^{\prime}=p\circ f ; on a ω|V′=(f′)∗​α′\omega|_{V^{\prime}}=(f^{\prime})^{*}\alpha^{\prime}. Écrivons α′=∑αI​J′​d′⁡xI∧d′′⁡xJ\alpha^{\prime}=\sum\alpha^{\prime}_{IJ}\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{I}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{J}, où II et JJ parcourent les multiindices de {1,…,d}\{1,\dots,d\} de longueurs pp et qq respectivement. Quitte à restreindre C1C_{1}, C′C^{\prime} et donc V′V^{\prime}, on peut aussi supposer que l’une des fonctions continues αI​J′\alpha^{\prime}_{IJ} ne s’annule pas sur C′C^{\prime}.

Fixons une cellule compacte C2C_{2} non vide, de dimension dd et contenu dans C1C_{1}. Comme ftrop′​(W)⊃C1f^{\prime}_{\text{trop}}(W)\supset C_{1}, le domaine analytique compact ftrop−1​(C2)∩Wf_{\text{trop}}^{-1}(C_{2})\cap W est non vide, et il est contenu dans V′V^{\prime} puisque W⊂Int​VW\subset{\rm Int}\;V. Son image par ftropf_{\text{trop}} est égale à C2C_{2}, et son image par ftrop′f^{\prime}_{\text{trop}} est en conséquence un polytope compact et de dimension dd de C′C^{\prime}. Il existe donc y∈ftrop−1​(C2)∩Wy\in f_{\text{trop}}^{-1}(C_{2})\cap W en lequel la dimension tropicale de f′|ftrop−1​(C2)∩Wf^{\prime}|_{f_{\text{trop}}^{-1}(C_{2})\cap W} est égale à dd  ; la dimension tropicale de f′f^{\prime} en yy est a fortiori égale à dd, ce qui signifie que f′​(y)f^{\prime}(y) appartient à la partie Csq′C^{\prime}_{\mathrm{sq}} du squelette de 𝐆md\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{d} (2.3.3).

En vertu du lemme 3.2.6 ci-dessus, la fibre (f′)|V′−1​(f′​(y))(f^{\prime})|_{V^{\prime}}^{-1}(f^{\prime}(y)) est purement de dimension n−dn-d. Il existe donc un point zz de cette fibre tel que dℋ⁡(y)​(z)=n−dd_{{\mathscr{H}}(y)}(z)=n-d. Comme dk​(f′​(y))=dd_{k}(f^{\prime}(y))=d, il vient dk​(z)=nd_{k}(z)=n.

Comme f′​(z)=f′​(y)f^{\prime}(z)=f^{\prime}(y) appartient à 𝐒⁡(𝐆md){\bf S}(\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{d}) et comme f′|V′f^{\prime}|_{V^{\prime}} est sans bord puisque V′V^{\prime} est un ouvert de l’espace sans bord XX, il résulte de 2.3.3 que pour tout voisinage affinoïde UU de zz dans V′V^{\prime}, le compact ftrop′​(U)f^{\prime}_{\text{trop}}(U) contient un voisinage de ftrop′​(z)f^{\prime}_{\text{trop}}(z) dans (𝐆md)trop(\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{d})_{\text{trop}}. Comme il est par ailleurs contenu dans C′C^{\prime} par définition de V′V^{\prime}, il contient un ouvert de C′C^{\prime}, sur lequel α\alpha est non nulle.

Il s’ensuit, d’après le lemme 3.2.2, que ω|U\omega|_{U} est non nulle. Ceci valant pour tout UU, le point zz appartient au support de ω\omega, ce qui achève la démonstration. ∎

\propname 3.2.8.

Supposons que XX soit purement de dimension nn et sans bord. Si α\alpha est une forme lisse de type (p,q)(p,q) sur XX, non nulle, alors il existe une forme β\beta de type (n−p,n−q)(n-p,n-q) sur XX telle que α∧β≠0\alpha\wedge\beta\neq 0.

Démonstration.

D’après la proposition 3.2.7, il existe un point xx du support de α\alpha tel que dk​(x)=nd_{k}(x)=n. Soit VV un voisinage affinoïde de xx et f:V→𝐆mNf\colon V\rightarrow\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N} un moment qui tropicalise la forme α\alpha tel que ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V) soit purement de dimension nn. Soit η\eta une forme lisse sur ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V) telle que α=f∗​η\alpha=f^{*}\eta ; elle n’est pas nulle.

L’image ftrop​(∂(V))f_{\text{trop}}(\partial(V)) est un sous-espace linéaire par morceaux de dimension ≤n−1\leq n-1. Il existe donc un ouvert QQ d’une cellule ouverte maximale qui ne rencontre pas ftrop​(∂(V))f_{\text{trop}}(\partial(V)) tel que η|Q≠0\eta|_{Q}\neq 0. Comme dim(Q)=n\dim(Q)=n, on peut trouver une (n−p,n−q)(n-p,n-q)-forme lisse à support compact contenu dans QQ telle que η∧η′≠0\eta\wedge\eta^{\prime}\neq 0. Puisque son support ne rencontre pas ∂(V)\partial(V), la forme f∗​η′f^{*}\eta^{\prime} sur VV se prolonge (par zéro) en une forme lisse β\beta à support propre sur XX. La restriction à VV de α∧β\alpha\wedge\beta est égal à f∗​(η∧η′)f^{*}(\eta\wedge\eta^{\prime}), donc n’est pas nulle (lemme 3.2.2). ∎

\lemmname 3.2.9.

Soit XX un espace kk-analytique purement de dimension nn, et soit ω\omega une forme à coefficients mesurables sur XX, de type (p,n)(p,n) ou (n,p)(n,p) pour un certain pp. Soit UU un ouvert de XX. Supposons que le support de ω\omega est fortement paracompact dans XX  ; le support de ω|U\omega|_{U} est alors fortement paracompact dans UU.

Démonstration.

Quitte à remplacer XX par un voisinage paracompact X′X^{\prime} du support de ω\omega, et UU par son intersection avec X′X^{\prime}, on peut supposer que XX est paracompact. En raisonnant composante connexe par composante connexe, on peut le supposer connexe, et partant dénombrable à l’infini.

Il existe alors un G-recouvrement (Xi)(X_{i}) localement fini et dénombrable de XX par des domaines affinoïdes qui tropicalisent ω\omega.

Pour chaque ii, la forme ω|Xi\omega|_{X_{i}} admet une présentation (fi:Xi→Ti,αi)(f_{i}\colon X_{i}\to T_{i},\alpha_{i}).

Fixons ii, et appelons Σi\Sigma_{i} le sous-ensemble de XiX_{i} formé des points en lesquels la dimension tropicale de fif_{i} est égale à nn. Comme le bidegré de ω\omega est égal à (n,p)(n,p) ou (p,n)(p,n), le support de ω|Xi\omega|_{X_{i}} est contenu dans Σi\Sigma_{i}. Il en résulte, d’après le corollaire 3.2.4, que Σ:=⋃Σi\Sigma:=\bigcup\Sigma_{i} contient le support de ω\omega.

Choisissons un isomorphisme Ti≃𝐆mNiT_{i}\simeq\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N_{i}}. Pour toute partie JJ de {1,…,Ni}\{1,\ldots,N_{i}\} de cardinal NN, notons fi,Jf_{i,J} le morphisme de TT vers 𝐆mJ\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{J} composé de fif_{i} et de la projection naturelle 𝐆mNi→𝐆mJ\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N_{i}}\to\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{J}. La dimension tropicale de fif_{i} en un point xx de XX est alors égale à nn si et seulement si il existe JJ tel que fi,Jf_{i,J} soit de dimension tropicale nn en xx.

Autrement dit, Σi\Sigma_{i} est la réunion des fi,J−1​(S⁡(𝐆mJ))f_{i,J}^{-1}(S(\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{J})). On peut donc écrire Σi\Sigma_{i} comme une réunion finie ⋃𝒦i​j\bigcup\mathscr{K}_{ij} où chaque 𝒦i​j\mathscr{K}_{ij} est un compact homéomorphe à un polytope (2.3.4).

L’intersection de UU avec chacun des 𝒦i​j\mathscr{K}_{ij} est homéomorphe à un ouvert d’un polytope et est donc dénombrable à l’infini.

Par conséquent, l’intersection de UU avec Σi\Sigma_{i} est dénombrable à l’infini  ; comme l’ensemble d’indice ii est dénombrable, l’intersection de UU avec Σ\Sigma s’écrit comme une réunion dénombrable ⋃mΘm\bigcup_{m}\Theta_{m} de compacts.

Le lemme 2.1.6 assure que chaque Θm\Theta_{m} possède dans UU un voisinage ouvert UmU_{m} dénombrable à l’infini.

La réunion VV des UmU_{m} est un voisinage ouvert et dénombrable à l’infini de Σ\Sigma dans UU  ; comme Σ\Sigma contient le support de ω\omega, l’ouvert VV de XX est un voisinage paracompact du support de ω|U\omega|_{U}.

∎

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