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6.2 Métriques [01V4]

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6.2 Métriques

6.2.1 Fibrés vectoriels

Un fibré vectoriel sur un espace kk-analytique XX est un faisceau en modules localement libres de rang fini sur le site annelé XGX_{\rm G} (à savoir XX muni de la G-topologie et du faisceau structural).

Il définit par restriction à l’espace topologique XX un faisceau en 𝒪X\mathscr{O}_{X}-modules, dont on ne sait pas s’il est en général localement libre. C’est toutefois toujours le cas lorsque XX est bon, et notamment sans bord  ; on dispose même plus précisément dans cette situation d’une équivalence entre la catégorie des 𝒪XG\mathscr{O}_{X_{\rm G}}-modules localement libres de rang fini et celle des 𝒪X\mathscr{O}_{X}-modules localement libres de rang fini ([8], prop. 1.3.4).

Soit XX un espace analytique et soit EE un fibré vectoriel sur XX. Notons 𝐕⁡(E)\mathbf{V}(E) l’espace total de EE : c’est un espace analytique muni d’un morphisme π\pi vers XX dont les sections au-dessus d’un domaine analytique de XX s’identifient aux sections de EE sur ce domaine. Si E=𝒪XnE=\mathscr{O}_{X}^{n}, alors 𝐕⁡(E)=𝐀Xn\mathbf{V}(E)=\mathbf{A}^{n}_{X} est l’espace affine (analytique) au-dessus de XX ; dans le cas général, on le construit par recollement.

\definame 6.2.2 (Métriques).

Soit XX un espace analytique et soit EE un fibré vectoriel sur XX. Une métrique continue sur EE est une application continue ∥⋅∥:𝐕⁡(E)→𝐑+\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}\colon\mathbf{V}(E)\rightarrow\mathbf{R}_{+} qui est une norme dans chaque fibre, au sens suivant : pour tout point x∈Xx\in X, toute extension valuée complète LL de ℋ⁡(x)\mathscr{H}(x), l’application de E⁡(x)⊗LE(x)\otimes L dans 𝐑\mathbf{R} donnée par la composition

E⁡(x)⊗L↪𝐕⁡(E)×L→𝐕⁡(E)→∥⋅∥𝐑+E(x)\otimes L\hookrightarrow\mathbf{V}(E)\times L\rightarrow\mathbf{V}(E)\xrightarrow{\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}}\mathbf{R}_{+}

est une norme ultramétrique sur le LL-espace vectoriel de dimension finie E⁡(x)⊗LE(x)\otimes L.

On notera souvent E¯\bar{E} la donnée d’un fibré vectoriel EE sur XX et d’une métrique sur ce fibré.

\remaname 6.2.3.

Soit XX un espace analytique, soit EE un fibré vectoriel sur XX muni d’une métrique continue ∥⋅∥\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}. Pour toute section ss de EE sur un domaine analytique UU de XX, on déduit de ∥⋅∥\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|} une application continue, notée ∥s∥\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|}, de UU dans 𝐑+\mathbf{R}_{+} : c’est la composition

U→𝑠𝐕⁡(E)→∥⋅∥𝐑+,U\xrightarrow{s}\mathbf{V}(E)\xrightarrow{\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}}\mathbf{R}_{+},

où l’on note encore ss la section au-dessus de UU de la projection canonique de 𝐕⁡(E)\mathbf{V}(E) sur XX.

Notons 𝒞X0\mathscr{C}^{0}_{X} (resp. 𝒞XG0\mathscr{C}^{0}_{X_{\rm G}}) le faisceau U↦𝒞0​(U,𝐑)U\mapsto\mathscr{C}^{0}(U,\mathbf{R}) sur l’espace topologique XX (resp. le site XGX_{\rm G}). Une métrique continue sur EE donne lieu à un morphisme de faisceaux E→𝒞XG0E\to\mathscr{C}^{0}_{X_{\rm G}}, noté s↦∥s∥s\mapsto\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|}, qui vérifie les propriétés suivantes :

  • —

    Si UU est un domaine analytique de XX, f∈Γ⁡(U,𝒪X)f\in\Gamma(U,\mathscr{O}_{X}) et s∈Γ⁡(U,E)s\in\Gamma(U,E), alors ∥f​s∥=|f|​∥s∥\mathopen{\|}{fs}\mathclose{\|}=\mathopen{|}{f}\mathclose{|}\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|} ;

  • —

    Si UU est un domaine analytique de XX et s1,s2∈Γ⁡(U,E)s_{1},s_{2}\in\Gamma(U,E), alors ∥s1+s2∥≤max⁡(∥s1∥,∥s2∥)\mathopen{\|}{s_{1}+s_{2}}\mathclose{\|}\leq\max(\mathopen{\|}{s_{1}}\mathclose{\|},\mathopen{\|}{s_{2}}\mathclose{\|}) ;

  • —

    Si UU est un domaine analytique de XX et s∈Γ⁡(U,E)s\in\Gamma(U,E), la fonction ∥s∥\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|} est à valeurs positives et s’annule en un point xx de UU si et seulement si s⁡(x)=0s(x)=0.

\definame 6.2.4 (Métriques lisses).

On dit qu’une métrique sur un fibré vectoriel EE est lisse si l’application de 𝐕⁡(E) {0}\mathbf{V}(E)\mathchoice{\mathbin{\vrule height=3.09999pt,width=6.93192pt,depth=-1.63612pt}}{\mathbin{\vrule height=3.09999pt,width=6.93192pt,depth=-1.63612pt}}{\mathbin{\vrule height=2.15277pt,width=3.65973pt,depth=-1.20554pt}}{\mathbin{\vrule height=0.86108pt,width=2.45418pt,depth=-1.03334pt}}\{0\} dans 𝐑+∗\mathbf{R}_{+}^{*} déduite par restriction au complémentaire de la section nulle est lisse.

\remaname 6.2.5.

Soit LL un fibré en droite muni d’une métrique. Pour que cette métrique soit lisse, il faut et il suffit que pour toute section inversible ss sur un ouvert UU de XX, la fonction log⁡∥s∥\log\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|} soit lisse sur UU.

La nécessité de la condition est évidente, car ∥s∥\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|} est la composition de la norme et de la section U→𝐕⁡(E)U\rightarrow\mathbf{V}(E) déduite de ss, l’image de cette section étant contenue dans le complémentaire de la section nulle. Inversement, la section ss fournit un isomorphisme de 𝐕⁡(E)|U\mathbf{V}(E)|_{U} avec 𝐀1×U\mathbf{A}^{1}\times U ; par cet isomorphisme, la métrique est transformée en l’application (t,x)↦|t|​∥s⁡(x)∥(t,x)\mapsto\mathopen{|}{t}\mathclose{|}\mathopen{\|}{s(x)}\mathclose{\|} ; sa restriction au complémentaire 𝐆m×U\mathbf{G}_{\mathrm{m}}\times U de la section nulle est donc lisse.

\propname 6.2.6.

Soit XX un espace kk-analytique bon et paracompact. Tout fibré en droites sur XX possède une métrique lisse.

Il serait intéressant de prouver que tout fibré vectoriel sur XX possède une métrique lisse. Les arguments de la proposition montrent qu’il suffit de savoir traiter le cas d’un fibré vectoriel trivial.

Démonstration.

Soit LL un fibré en droites sur XX. Comme XX est bon, il existe un recouvrement (Ui)(U_{i}) un recouvrement de XX par des ouverts sur lesquels LL est trivialisable. Soit (λi)(\lambda_{i}) une partition de l’unité lisse subordonnée au recouvrement ouvert (Ui)(U_{i}). Pour tout ii, soit sis_{i} une section inversible de L|UiL|_{U_{i}}. Il existe une unique métrique sur LL pour laquelle,

log⁡∥s∥​(x)=∑iλi​(x)​log⁡|s/si|​(x)\log\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|}(x)=\sum_{i}\lambda_{i}(x)\log\mathopen{|}{s/s_{i}}\mathclose{|}(x)

pour tout ouvert UU de XX et toute section inversible ss de LL sur UU, la somme étant réduite aux indices ii tels que x∈Uix\in U_{i}. Pour une telle section ss, la fonction log⁡∥s∥\log\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|} est lisse, si bien que la métrique ainsi définie sur LL est lisse. ∎

6.2.7

Si XX est un espace kk-analytique, on définit PL⁡(X){\rm PL}(X) comme le groupe abélien des fonctions continues à valeurs réelles ff sur XX possédant la propriété suivante : il existe un G-recouvrement (Xi)(X_{i}) de XX par des domaines analytiques relativement stricts et, pour tout ii, un fonction holomorphe inversible fif_{i} sur XX telle que f|Xi=log⁡|fi|f|_{X_{i}}=\log\mathopen{|}{f_{i}}\mathclose{|}.

\lemmname 6.2.8.

L’ensemble PL⁡(X){\rm PL}(X) est un sous-groupe du groupe des fonctions numériques continue sur XX. Si uu et vv sont deux fonctions PL, max⁡(u,v)\max(u,v) et min⁡(u,v)\min(u,v) sont PL.

Démonstration.

La fonction nulle est évidemment PL. Soit (Xi)(X_{i}) un G-recouvrement de XX par des domaines analytiques relativement stricts et, pour tout ii, soit fif_{i} et gig_{i} des fonctions inversibles sur XiX_{i} telles que u|Xi=log⁡|fi|u|_{X_{i}}=\log\mathopen{|}{f_{i}}\mathclose{|} et v|Xi=log⁡|gi|v|_{X_{i}}=\log\mathopen{|}{g_{i}}\mathclose{|}. La fonction u+vu+v est égale à log⁡|fi​gi|\log\mathopen{|}{f_{i}g_{i}}\mathclose{|} sur XiX_{i}, ce qui prouve qu’elle est PL. De même, la fonction −u-u est égale à log⁡|fi−1|\log\mathopen{|}{f_{i}^{-1}}\mathclose{|} sur XiX_{i}, donc est PL.

Notons Xi+X_{i}^{+} et Xi−X_{i}^{-} les domaines analytiques de XiX_{i} définis par |fi|≥|gi|\mathopen{|}{f_{i}}\mathclose{|}\geq\mathopen{|}{g_{i}}\mathclose{|} et |fi|≤|gi|\mathopen{|}{f_{i}}\mathclose{|}\leq\mathopen{|}{g_{i}}\mathclose{|} respectivement. Sur Xi+X_{i}^{+}, on a max⁡(u,v)=log⁡|fi|\max(u,v)=\log\mathopen{|}{f_{i}}\mathclose{|} et min⁡(u,v)=log⁡|gi|\min(u,v)=\log\mathopen{|}{g_{i}}\mathclose{|}. sur Xi−X_{i}^{-}, on a max⁡(u,v)=log⁡|gi|\max(u,v)=\log\mathopen{|}{g_{i}}\mathclose{|} et min⁡(u,v)=log⁡|fi|\min(u,v)=\log\mathopen{|}{f_{i}}\mathclose{|}. Il en résulte que max⁡(u,v)\max(u,v) et min⁡(u,v)\min(u,v) sont PL. ∎

\definame 6.2.9.

Soit XX un espace kk-analytique et soit E¯\bar{E} un fibré vectoriel métrisé sur XX. On dit qu’une base (e1,…,en)(e_{1},\ldots,e_{n}) de EE est orthonormée si

∥(∑fi​ei)​(x)∥=max⁡|fi​(x)|\mathopen{\|}{(\sum f_{i}e_{i})(x)}\mathclose{\|}=\max\mathopen{|}{f_{i}(x)}\mathclose{|} (6.2.9.1)

pour tout domaine analytique YY de XX, toute famille (fi)(f_{i}) de fonctions analytiques sur YY et tout x∈Yx\in Y.

On dit que E¯\bar{E} est PL (ou que la métrique de EE est PL) s’il existe un G-recouvrement (Xi)(X_{i}) relativement strict de XX tel que E¯|Xi\bar{E}|_{X_{i}} admette pour tout ii une base orthonormée.

\exemname 6.2.10 (Métriques formelles).

Soit EE un fibré vectoriel sur un espace analytique XX. Considérons un modèle formel (𝔛,𝔈)(\mathfrak{X},\mathfrak{E}) de (X,E)(X,E) : cela signifie que 𝔛\mathfrak{X} est k∘k^{\circ}-schéma formel, plat et localement topologiquement de type fini muni d’un isomorphisme 𝔛η≃X\mathfrak{X}_{\eta}\simeq X et que 𝔈\mathfrak{E} est un fibré vectoriel sur 𝔛\mathfrak{X} muni d’un isomorphisme 𝔈η≃E\mathfrak{E}_{\eta}\simeq E. On lui associe une métrique PL sur EE de la façon suivante.

Soit (𝔘i)(\mathfrak{U}_{i}) un recouvrement formel de 𝔛\mathfrak{X} qui trivialise 𝔈\mathfrak{E} et soit, pour tout ii, une trivialisation (e1,…,en)(e_{1},\dots,e_{n}) de 𝔈|𝔘i\mathfrak{E}|_{\mathfrak{U}_{i}}. Pour tout ii, 𝔘i,η\mathfrak{U}_{i,\eta} est un domaine analytique de XX.

Pour toute section ss de EE sur le domaine analytique fermé 𝔘i,η\mathfrak{U}_{i,\eta} de XX, il existe une unique famille (f1,…,fn)(f_{1},\dots,f_{n}) de fonctions holomorphes sur 𝔘i,η\mathfrak{U}_{i,\eta} telles que s=∑fi​eis=\sum f_{i}e_{i}, et l’on pose ∥s∥=max⁡(|f1|,…,|fn|)\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|}=\max(\mathopen{|}{f_{1}}\mathclose{|},\dots,\mathopen{|}{f_{n}}\mathclose{|}) ; c’est une fonction continue.

Si (e1′,…,en′)(e^{\prime}_{1},\dots,e^{\prime}_{n}) est une autre trivialisation de 𝔈|𝔘i\mathfrak{E}|_{\mathfrak{U}_{i}}, il existe une matrice inversible A∈GLn⁡(𝔘i)A\in\operatorname{GL}_{n}(\mathfrak{U}_{i}) telles que (e1,…,en)=(e1′,…,en′)⋅A(e_{1},\dots,e_{n})=(e^{\prime}_{1},\dots,e^{\prime}_{n})\cdot A. Si s=∑fi​ei=∑fi′​ei′s=\sum f_{i}e_{i}=\sum f^{\prime}_{i}e^{\prime}_{i}, cela entraîne la relation (f1′,…,fn′)t=A​(f1,…,fn)t(f^{\prime}_{1},\dots,f^{\prime}_{n})^{\mathrm{t}}=A(f_{1},\dots,f_{n})^{\mathrm{t}}. Pour tout point x∈𝔘i,ηx\in\mathfrak{U}_{i,\eta}, ∥A⁡(x)∥=∥A−1​(x)∥=1\mathopen{\|}{A(x)}\mathclose{\|}=\mathopen{\|}{A^{-1}(x)}\mathclose{\|}=1, si bien que l’on a max⁡(|fi|)=max⁡(|fi′|)\max(\mathopen{|}{f_{i}}\mathclose{|})=\max(\mathopen{|}{f^{\prime}_{i}}\mathclose{|}). Il en résulte que la définition donnée de ∥s∥\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|} ne dépend pas du choix de la trivialisation (e1,…,en)(e_{1},\dots,e_{n}).

Cela entraîne aussi que ces différentes prescriptions coïncident sur les domaines analytiques 𝔘i,η∩𝔘j,η\mathfrak{U}_{i,\eta}\cap\mathfrak{U}_{j,\eta}, d’où un morphisme de faisceau de EE dans l’espace des fonctions à valeurs réelles sur XX.

Comme les domaines 𝔘i,η\mathfrak{U}_{i,\eta} forment un G-recouvrement de XX, tout point de XX possède un voisinage qui est réunion finie de certains de ces 𝔘i,η\mathfrak{U}_{i,\eta}. Par suite, l’image de ce morphisme est contenu dans le faisceau 𝒞XG0\mathscr{C}^{0}_{X_{G}}.

C’est une métrique PL sur EE. De telles métriques seront appelées formelles.

6.2.11

Le produit tensoriel L⊗L′L\otimes L^{\prime} de deux fibrés en droites métrisés LL et L′L^{\prime} possède une unique métrique pour laquelle ∥s⊗s′∥=∥s∥​∥s′∥\mathopen{\|}{s\otimes s^{\prime}}\mathclose{\|}=\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|}\mathopen{\|}{s^{\prime}}\mathclose{\|} si ss et s′s^{\prime} sont des sections de LL et L′L^{\prime} respectivement. De même, l’inverse d’un fibré en droites métrisé LL possède une unique métrique pour laquelle ∥s−1∥=∥s∥−1\mathopen{\|}{s^{-1}}\mathclose{\|}=\mathopen{\|}{s}\mathclose{\|}^{-1} si ss est une section inversible de LL. Si les métriques sur LL et L′L^{\prime} sont continues, resp. PL, resp. lisses, il en est de même des métriques sur L⊗L′L\otimes L^{\prime} et L−1L^{-1}.

\remaname 6.2.12.

On peut définir des fonctions 𝐐\mathbf{Q}-PL comme les fonctions dont un multiple entier (non nul) est PL, voire les fonctions 𝐑\mathbf{R}-PL comme le sous-espace réel engendré par les fonctions PL.

On pourrait définir de même une métrique 𝐐\mathbf{Q}-PL (resp. 𝐑\mathbf{R}-PL) sur un fibré vectoriel EE comme on l’a fait pour les métriques PL, en remplaçant l’égalité (6.2.9.1) de la définition 6.2.9 par ∥(∑fi​ei)​(x)∥=max⁡ui​(x)​|fi​(x)|\mathopen{\|}{(\sum f_{i}e_{i})(x)}\mathclose{\|}=\max u_{i}(x)\mathopen{|}{f_{i}(x)}\mathclose{|}, où les uiu_{i} sont des fonctions strictement positives telles que log⁡(ui)\log(u_{i}) soit 𝐐\mathbf{Q}-PL (resp. 𝐑\mathbf{R}-PL) pour tout ii.

Une métrique sur un fibré en droites LL est dite 𝐐\mathbf{Q}-formelle s’il existe un entier n≥1n\geq 1 tel que la métrique induite sur la puissance tensorielle L⊗nL^{\otimes n} est formelle. Une métrique 𝐐\mathbf{Q}-formelle est 𝐐\mathbf{Q}-PL.

Ces métriques sont importantes en pratique.

\propname 6.2.13.

Supposons que |k×|≠1\mathopen{|}{k^{\times}}\mathclose{|}\neq 1. Soit XX un espace strictement kk-analytique paracompact. Tout fibré vectoriel sur XX possède une métrique formelle.

Démonstration.

Berkovich démontre dans [8], Théorème 1.6.1, que sous ces hypothèses, XX correspond à un espace rigide X0X_{0} quasi-séparé possédant un recouvrement affinoïde de type fini (au sens où chaque ouvert du recouvrement ne rencontre qu’un nombre fini d’entre eux). D’après le théorème 2.8/3 de [15] (qui étend du cas quasi-compact au cas paracompact le théorème fondamental de Raynaud, théorème 4.1 de [16] ; voir aussi [44]), XX est la fibre générique d’un schéma formel admissible quasi-paracompact 𝔛\mathfrak{X}.

Soit alors EE un fibré vectoriel sur XX. D’après [8] (bas de la p. 37), il est associé à un fibré vectoriel E0E_{0} sur l’espace rigide X0X_{0}. De plus, E0E_{0} est la fibre générique d’un faisceau cohérent 𝔈\mathfrak{E} sur 𝔛\mathfrak{X}. Apparemment, la preuve ne se trouve dans la littérature (proposition 5.6 de [16], par exemple) que sous l’hypothèse que XX est compact. Cependant, si nous partons d’un recouvrement de type fini de X0X_{0} par des affinoïdes, la procédure décrite dans le lemme 5.7 de [16] ne modifiera le modèle formel au voisinage d’un point donné de 𝔛\mathfrak{X} qu’en un nombre fini d’étapes, si bien que le résultat s’étend, de même que notre fibré vectoriel. Appliquant alors le théorème de platification ([17], théorème 4.1), il existe un éclatement formel π:𝔛′→𝔛\pi\colon\mathfrak{X}^{\prime}\rightarrow\mathfrak{X} tel que le transformé strict 𝔈′\mathfrak{E}^{\prime} de 𝔈\mathfrak{E} soit localement libre sur 𝔛′\mathfrak{X}^{\prime}. ∎

6.2.14

Pour ∗∈{𝒞0,PL,lisse}*\in\{\mathscr{C}^{0},{\rm PL},\text{lisse}\}, notons Pic^⁡(X,∗)\mathop{\widehat{\mathrm{Pic}}}(X,*) l’ensemble des classes d’isométrie de fibrés en droites sur XX munis d’une métrique ∗*. Le produit tensoriel et l’inverse le munissent d’une structure de groupe abélien. De plus, l’oubli de la métrique définit un homomorphisme de groupes Pic^⁡(X,∗)→Pic⁡(X)\mathop{\widehat{\mathrm{Pic}}}(X,*)\rightarrow\operatorname{Pic}(X). Cet homomorphisme est surjectif si XX est paracompact (et si |k×|≠1\mathopen{|}{k^{\times}}\mathclose{|}\neq 1 lorsque ∗=PL*={\rm PL}). Son noyau est l’ensemble des métriques ∗* sur le fibré en droites trivial. C’est donc le groupe des fonctions ∗* sur XX modulo le sous-groupe des fonctions (continues, lisses et PL) de la forme log⁡|u|\log\mathopen{|}{u}\mathclose{|}, pour u∈Γ⁡(X,𝒪X∗)u\in\Gamma(X,\mathscr{O}_{X}^{*}).

6.2.15

Soit EE un fibré vectoriel métrisé sur XX. Soit f:Y→Xf\colon Y\rightarrow X un morphisme d’espaces kk-analytiques. On dispose alors d’un carré cartésien

    𝐕⁡(f∗​E)       f′                     𝐕⁡(E)              Y       f          X    .\vbox{\lx@xy@svg{\hbox{\raise 0.0pt\hbox{\kern 20.5pt\hbox{\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\hbox{\vtop{\halign{\entry@#!@&&\entry@@#!@\cr&\cr&\crcr}}}\ignorespaces{\hbox{\kern-20.5pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 3.0pt\raise-2.5pt\hbox{$\textstyle{\mathbf{V}(f^{*}E)\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces}$}}}}}}}\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces{\hbox{\kern 20.5pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{$\textstyle{\hbox{}}$}}}}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces{\hbox{\kern 23.16315pt\raise 6.57835pt\hbox{{}\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 3.0pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise-2.21725pt\hbox{$\scriptstyle{f^{\prime}}$}}}\kern 3.0pt}}}}}}\ignorespaces{\hbox{\kern 44.5pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{$\textstyle{\hbox{\lx@xy@tip{1}\lx@xy@tip{-1}}}$}}}}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces{\hbox{\kern 0.0pt\raise-8.0pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{$\textstyle{\hbox{}}$}}}}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}\ignorespaces{\hbox{\kern 0.0pt\raise-24.33334pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{$\textstyle{\hbox{\lx@xy@tip{1}\lx@xy@tip{-1}}}$}}}}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}{\hbox{\kern 44.5pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 3.0pt\raise-2.5pt\hbox{$\textstyle{\mathbf{V}(E)\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces}$}}}}}}}\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces{\hbox{\kern 59.71526pt\raise-8.0pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{$\textstyle{\hbox{}}$}}}}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}\ignorespaces{\hbox{\kern 59.71526pt\raise-24.33334pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{$\textstyle{\hbox{\lx@xy@tip{1}\lx@xy@tip{-1}}}$}}}}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}{\hbox{\kern-7.01389pt\raise-31.66666pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 3.0pt\raise-2.5pt\hbox{$\textstyle{Y\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces}$}}}}}}}\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces{\hbox{\kern 7.0139pt\raise-31.66666pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{$\textstyle{\hbox{}}$}}}}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}\ignorespaces\ignorespaces\ignorespaces{\hbox{\kern 24.51558pt\raise-25.55556pt\hbox{{}\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 3.0pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise-1.75pt\hbox{$\scriptstyle{f}$}}}\kern 3.0pt}}}}}}\ignorespaces{\hbox{\kern 52.18054pt\raise-31.66666pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{$\textstyle{\hbox{\lx@xy@tip{1}\lx@xy@tip{-1}}}$}}}}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}{\hbox{\lx@xy@droprule}}{\hbox{\kern 52.18054pt\raise-31.66666pt\hbox{\hbox{\kern 0.0pt\raise 0.0pt\hbox{\hbox{\kern 3.0pt\raise-2.5pt\hbox{$\textstyle{X}$}}}}}}}\ignorespaces\ignorespaces}}}}}.

Si EE est libre, identifié à 𝒪Xn\mathscr{O}_{X}^{n}, f∗​Ef^{*}E est identifié à 𝒪Yn\mathscr{O}_{Y}^{n}, le morphisme f′f^{\prime} s’identifie à l’application (id,f)(\operatorname{id},f) de 𝐕⁡(f∗​E)=𝐀n×Y\mathbf{V}(f^{*}E)=\mathbf{A}^{n}\times Y dans 𝐕⁡(E)=𝐀n×X\mathbf{V}(E)=\mathbf{A}^{n}\times X. On définit alors une métrique sur le fibré vectoriel f∗​Ef^{*}E par la composition 𝐕⁡(f∗​E)→f′𝐕⁡(E)→∥⋅∥𝐑+\mathbf{V}(f^{*}E)\xrightarrow{f^{\prime}}\mathbf{V}(E)\xrightarrow{\mathopen{\|}{\cdot}\mathclose{\|}}\mathbf{R}_{+}.

Si la métrique de EE est lisse, resp. PL{\rm PL}, il en est de même de la métrique de f∗​Ef^{*}E ainsi définie. Par passage aux classes d’isométrie de fibrés en droites métrisés PL, on en déduit un homomorphisme de groupes f∗:Pic^⁡(X,∗)→Pic^⁡(Y,∗)f^{*}\colon\mathop{\widehat{\mathrm{Pic}}}(X,*)\rightarrow\mathop{\widehat{\mathrm{Pic}}}(Y,*).

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