2.3 Les tropicalisations sont des polytopes [01N7]
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2.3 Les tropicalisations sont des polytopes
2.3.1 Une convention.
Soit et deux tores. Les -espace vectoriels et sont égaux respectivement à et .
On dispose par conséquent d’un isomorphisme naturel
Notons que dans le cas particulier où , on a d’où un isomorphisme naturel
Désormais, et sauf mention expresse du contraire :
- —
une cellule de sera toujours une cellule « à pentes rationnelles », c’est-à-dire définie comme une intersection de demi-espaces fermés décrits par des inégalités de la forme , où et où ;
- —
un polytope de sera toujours une union finie de cellules à pentes rationnelles, et une décomposition cellulaire d’un polytope de sera toujours constituée de cellules à pentes rationnelles ;
- —
une application sera dite affine si elle est composée d’une translation et d’une application appartenant à .
- —
une application continue d’un polytope de vers sera dite linéaire par morceaux s’il existe une décomposition cellulaire de telle que la restriction de à chaque cellule de s’étende en une application affine de vers .
Nous parlerons également à l’occasion de cellule et de polytope de , d’application affine de vers , et d’application linéaire par morceaux d’un polytope de vers ou vers : ces notions sont simplement déduites des notions correspondantes sur et via les homéomorphisme naturels et .
2.3.2 Tropicalisations : le cas global.
Soit un espace -analytique compact et soit un moment ; soit la dimension de .
Le compact est alors un polytope de de dimension ; ce résultat a été établi par Berkovich dans le cas où est G-localement algébrisable, cf. [9], cor. 6.2.2. Pour le cas général, on pourra se reporter à [27], §3.30 ou à [31], th. 3.2.
Le théorème 3.2 de [31] assure également que est contenu dans un polytope de dimension , et est lui-même un polytope de dimension si est affinoïde.
2.3.3 Tropicalisations : le cas local
Soit un espace -analytique et soit un point de . Soit un moment ; posons , et notons la dimension de .
En vertu du théorème 3.3 de [31], il existe un voisinage analytique compact de dans qui possède la propriété suivante : pour tout voisinage analytique compact de dans , les germes de polytopes et coïncident. La dimension de en ne dépend pas du choix de et est appelée la dimension tropicale de en .
Le théorème 3.3 de [31] affirme également que si alors est purement de dimension en ; et que si de plus alors est un voisinage de dans .
Par ailleurs, il donne une majoration (dans le cas général) et une expression explicite (dans le cas sans bord) de l’entier en fonction d’invariants mettant en jeu le corps résiduel gradué de – c’est une notion introduite par Temkin dans [53] dont nous n’aurons pas besoin ici. À l’aide de [31], (0.12) et (0.13), il en découle notamment les faits suivants :
- —
L’entier est majoré par ;
- —
Si , alors ;
- —
Inversement, si et si de plus , alors .
2.3.4 Images réciproques du squelette
Soit un espace -analytique de dimension , et soit ,…, des moments sur , où les tores sont tous de dimension .
Soit la réunion des . Il résulte du théorème 5.1 de [31] que possède une structure naturelle d’espace linéaire par morceaux, qui peut être définie uniquement à l’aide de la structure analytique de , sans référence à l’écriture de comme réunion des .
Nous n’allons pas dire ici précisément ce que nous entendons par espace linéaire par morceaux ; nous renvoyons le lecteur intéressé au chapitre 1 de [9] ou au chapitre 0 de [31]. Indiquons simplement que si est un domaine analytique compact de , il existe un recouvrement de par une famille finie de compacts satisfaisant les conditions suivantes.
- —
Pour tout , il existe un moment défini sur un domaine analytique de contenant , à valeurs dans pour un certain entier , et tel que identifie à un polytope de ;
- —
Pour tout , l’intersection s’identifie via à un polytope de , et via à un polytope de ;
- —
Pour toute fonction analytique inversible sur et tout indice , l’application composée
est linéaire par morceaux.