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Soit des fonctions psh lisses sur ,
soit .
Alors, pour tout ,
Démonstration.
Comme les formes de bidegré commutent, il suffit
de traiter le cas où .
Alors
puis
L’assertion résulte alors de la formule de Green.
∎
\propname 5.6.2.
Soit une forme lisse,
soit un voisinage compact de son support.
Il existe un nombre réel tel que pour toutes
fonctions psh lisses sur
et toute fonction lisse sur , on ait
Démonstration.
La preuve est par récurrence sur .
Soit un voisinage
du support de qui est contenu dans .
Définissons une suite
de formes fortement positives à support contenu dans
de la façon suivante.
Considérons des formes et ,
fortement positives et à support contenu dans
telles que ; posons .
Soit tel que
est construite.
Considérons des formes et ,
fortement positives,
à support compact contenu dans ,
telles que et posons
.
On commence par écrire
Le produit des formes fortement positives
est une forme positive
et son support est contenu dans .
Par suite, le premier terme est majoré par
Un raisonnement analogue avec l’autre terme, ainsi qu’avec ,
fournit la majoration
Appliquons alors le lemme précédent ; on obtient
Par récurrence, il vient
d’où la proposition puisque .
∎
\definame 5.6.3.
On dit qu’une fonction sur un espace analytique
est localement psh-approchable si tout point de possède un voisinage
sur lequel est limite uniforme de fonctions psh lisses.
On dit qu’une fonction est localement approchable si
elle est localement la différence de deux fonctions localement psh-approchables.
Les fonctions localement approchables forment un sous-faisceau
en -espaces vectoriels du faisceau des fonctions continues.
Il est engendré par le faisceau des fonctions localement psh-approchables
qui en forme un sous-faisceau en cônes réels.
\remaname 5.6.4.
Je ne sais pas
si toute fonction continue psh est localement psh-approchable,
ni même localement approchable.
Je ne suis même pas sûr que ce soit vrai : les techniques
de régularisation standard (du côté réel) laissent penser
que c’est le cas si est tropicale et psh (mais encore,
passer d’un espace vectoriel à un espace PL ne semble trivial),
elle est localement approchable, mais le cas général résiste.
Dans le cas des courbes, je crois avoir prouvé que si
est psh, et si est un compact formé de points
de type II ou III, alors est limite uniforme sur
de fonctions psh lisses avec pôles.
\coroname 5.6.5.
Soit des fonctions localement psh-approchables sur .
Alors, il existe un unique courant positif
sur tel que pour tout ouvert ,
toute forme lisse ,
et toute famille de suites de fonctions lisses psh sur
telle que converge uniformément vers ,
Démonstration.
Soit un ouvert de ,
soit
et soit une famille de suites de fonctions
lisses psh sur telle que converge uniformément
vers .
Il découle de la proposition précédente que
la suite
est de Cauchy, donc converge. Sa limite ne dépend pas des suites
choisies : considérons une autre famille de suites approximantes
et construisons la suite dont les termes pairs sont fournis
par les suites
et les termes impairs par les suites ; cette suite
est encore de Cauchy, donc converge. Il en résulte
que
et
ont même limite. Notons cette limite.
L’application est linéaire.
Supposons que soit faiblement positive.
Pour tout ,
les formes sont fortement positives
(elles sont de type ), donc
est
faiblement positive.
En particulier,
pour tout , donc .
Il résulte alors du lemme 5.4.4
que l’application
est un courant positif.
Soit un ouvert de
sur lequel les fonctions sont localement psh-approchables.
Par construction, les restrictions à
des courants et coïncident avec le courant .
Puisque est recouvert par des ouverts sur lesquels les fonctions
sont localement psh-approchables, il existe
un unique courant sur dont la restriction à
est égale à , pour tout ouvert sur lequel les fonctions
sont localement psh-approchables.
∎
\coroname 5.6.6.
Soit un espace analytique.
Il existe un unique morphisme -linéaire symétrique
défini sur le faisceau des fonctions continues
localement approchables à valeurs dans le faisceau des mesures sur ,
et qui prolonge l’application précédemment définie
lorsque sont localement psh-approchables.
\definame 5.6.7.
Si est une fonction localement approchable sur ,
la mesure
est appelée mesure de Monge-Ampère de , et notée .
Si est localement psh-approchable, cette mesure est positive
(corollaire 5.6.5).
5.6.8
Dans [5], Bedford et Taylor définissent
par récurrence, si est psh localement
bornée. Plus généralement, si est un courant positif fermé (symétrique,
éventuellement),
on pose .
Autrement dit, on pose
.
Comme est un courant positif, l’application
est une mesure (signée) à support compact
sur , donc s’étend aux fonctions mesurables bornées.
L’application
est alors un courant sur , positif si est positive.
On définit comme le courant
.
Pour prouver qu’il est positif, il faudrait démontrer
que est limite décroissante de fonctions psh lisses.
Il est aussi fermé (c’est évident).