5.4.5 [01TM]
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5.4.5
Soit un espace -analytique (bon, séparé,…). Soit une mesure positive (au sens de Bourbaki) sur l’espace analytique , c’est-à-dire une forme linéaire positive sur l’espace des fonctions continues à support compact sur , muni de la topologie de la convergence uniforme sur les compacts. Par restriction à l’espace des fonctions lisses, définit un courant positif qu’on notera .
\propname 5.4.6.
Soit un espace -analytique. L’application ainsi définie est une bijection de l’espace des mesures positives sur sur l’espace des courants positifs de degré sur .
Démonstration.
Soit un courant positif de bidegré . Pour toute fonction lisse , à support compact dans , on a donc .
Soit une partie compacte de , soit un voisinage de dans . Soit une fonction lisse que vaut au voisinage de et dont le support est compact et contenu dans . Si est une fonction lisse de support contenu dans , on a pour tout ; cette inégalité vaut aussi pour puisqu’alors et . Par suite,
Appliquant cette inégalité à , on en déduit qu’il existe un nombre réel tel que
pour toute fonction lisse dont le support est contenu dans .
Considérons un voisinage relativement compact de qui est contenu dans . Toute fonction continue à support dans est limite uniforme d’une suite fonctions lisses à support dans ; si est positive, on peut aussi supposer que pour tout , est positive. L’inégalité précédente, appliquée au compact , entraîne que la suite est de Cauchy, et que sa limite est indépendante du choix de la suite choisie ; elle est aussi indépendante du choix d’un compact et d’un voisinage relativement compact tels que . Notons cette limite. Si est lisse, on a . Si est positive, pour tout , donc . En outre, l’application est linéaire. C’est donc une mesure positive sur telle que .
Enfin, si , les mesures et coïncident sur les fonctions lisses. Par l’argument de densité ci-dessus, elles sont égales. ∎
\coroname 5.4.7.
Soit un espace -analytique (bon, séparé) équidimensionnel. Soit une fonction continue sur et soit un courant positif. Il existe un unique courant sur , noté , tel que soit la limite de la suite pour toute forme lisse à support propre sur et toute suite de fonctions lisses sur qui converge uniformément vers dans un voisinage du support de .
Si est positive, le courant est positif.
Démonstration.
Soit une forme lisse à support propre sur , choisissons des formes lisses, fortement positives et sur telles que (lemme 5.3.3). Soit aussi un voisinage relativement compact de et une fonction lisse sur , à support dans , qui vaut au voisinage de et à valeurs positives ou nulles. On a donc ; cela permet de supposer que et sont à support dans .
Les applications et sont des courants positifs de degré à support dans , donc définissent des mesures positives sur , dont le support est contenu dans (proposition 5.4.6). Leur différence est une mesure sur à support contenu dans . Comme le support de est propre et contenu dans , cette mesure s’étend par continuité en une application linéaire continue sur l’espace des fonctions continues sur muni de la topologie de la semi-norme de la convergence uniforme sur . Cela définit pour toute fonction continue sur et toute forme à support propre sur . Si et sont positives, on a bien , comme affirmé dans l’énoncé.
Lorsque est positive, l’application est linéaire et est positive en toute forme faiblement positive. D’après le lemme 5.4.4, c’est alors un courant positif. Le cas d’une fonction continue arbitraire en résulte. ∎