Original official author HTML, exact retained edition. Historical TeX conversion verdicts remain unchanged. Cited-edition alignment and mathematical self-containment are not assessed.
Soit une algèbre -affinoïde,
soit son nilradical, soit
l’espace et soit
le schéma . Soit ,
et soit son image sur . L’anneau étant réduit, l’espace
analytique est réduit (Berkovich, cf. [29], th. 3.4). Les anneaux locaux
artiniens
et sont donc
tous deux des corps.
Pour tout
-module de type fini , on pose
\lemmname 4.5.2.
Pour tout -module de type fini ,
on a .
Nous dirons que c’est la longueur de
(ou du faisceau cohérent associé) en ou en .
Lorsque , cet entier est ce qu’on appelle
la multiplicité de la composante
irréductible de ; nous dirons également
que c’est la multiplicité de en .
Démonstration.
Dans le diagramme commutatif
toutes les flèches sont plates.
Il s’ensuit que l’on a pour tout entier et tout
-module de type fini des isomorphismes
naturels
et
Par conséquent,
Le lemme en résulte par dévissage.
∎
4.5.3
Soit un espace -analytique irréductible, soit un
faisceau cohérent sur , et soit le faisceau des
éléments localement nilpotents sur . Fixons un domaine affinoïde
non vide de . La suite de faisceaux cohérents
s’annule à un rang fini lorsqu’on la restreint à
; elle s’annule donc génériquement à un rang fini,
c’est-à-dire qu’il existe tel que soit
nul au-dessus d’un ouvert de Zariski non vide de .
Soit un entier. Le faisceau est un faisceau cohérent de -modules, c’est-à-dire un faisceau cohérent sur
. Sa restriction à est
génériquement libre sur chacune des composantes irréductibles de
. Par conséquent, l’ouvert de Zariski de
au-dessus duquel est libre est non
vide. Comme est connexe
([7], Corollaire 3.3.20),
le rang de est constant sur cet ouvert ;
on le note .
Pour assez grand, on a .
On note
et on dit que c’est la longueur générique
du faisceau cohérent .
Lorsque , on dit que
est la
multiplicité générique de .
Soit un point de tel que soit artinien. La longueur
générique de est alors égale par construction
à la longueur de en , et la multiplicité générique
de est égale à la multiplicité de en .
4.5.4
Soit un espace -affinoïde et soit un morphisme
fini ; soit un point de tel que soit un
corps. Le morphisme est fini et plat au-dessus
de ; soit le degré correspondant.
Alors,
est un espace
vectoriel de dimension sur ,
tandis que
est un espace
vectoriel de dimension .
Par suite, la dimension de
est égal à .
4.5.5
Soit un corps tel que soit encore irréductible.
L’espace
n’est pas forcément réduit, et diffère de en général ; il résulte plus
précisément des définitions que , où est la multiplicité générique
de .
4.5.6
Soit un espace -analytique irréductible de dimension , soit
un espace -analytique et soit un morphisme
fini. Soit la multiplicité générique
de , et soit
l’entier . Il résulte de ce qui précède
que pour tout domaine affinoïde de , pour tout morphisme fini
où est un espace -affinoïde, et pour tout point
de tel que soit un corps, le degré de
au-dessus de est égal au produit du degré de
au-dessus de par .
On dira
que est le degré intégral de sur .
4.5.7
On déduit alors de la définition des intégrales que pour toute
-forme mesurable
sur à support
fortement paracompact dans ,
on a
,
et
dans le cas intégrable.
De même, si est une -forme
mesurable sur à support
fortement paracompact dans ,
on a ,
et
dans le cas intégrable.
Donnons maintenant quelques exemples.
\exemname 4.5.8.
Le degré intégral de au-dessus de est nul si et
seulement si .
\exemname 4.5.9.
Si est réduit, est
génériquement libre sur , et le degré intégral de sur est
simplement le rang correspondant. En particulier, si est
plat son degré intégral est égal à son degré.
\exemname 4.5.10.
Supposons que et soit la
multiplicité générique de ; le degré intégral de sur
est alors égal à . Ainsi si avec et pour un
certain , on a , et le degré intégral de
sur est égal à .
Remarquons que le degré intégral de sur est encore égal à
si l’on suppose simplement que s’identifie
génériquement avec .
C’est par exemple le cas lorsque est le normalisé de
([29], définition 5.10).
4.5.11
Cette notion de degré intégral s’étend comme suit au cas des espaces
analytiques non nécessairement irréductibles. Soit un espace
-analytique purement de dimension , soit un morphisme
fini, soit une composante irréductible de , et soit la
réunion des autres composantes. Munissons de sa structure
générique de sous-espace analytique fermé de , définie en
prenant G-localement l’adhérence schématique de . Le degré
intégral de sera appelé plus brièvement le degré
intégral de au-dessus de .
Comme le support d’une -forme
est constitué uniquement de points tel que ,
il ne contient aucun point situé sur
deux composantes irréductibles distinctes de .
Par conséquent, la formule donnée ci-dessus se généralise comme suit. Soit la
famille des composantes irréductibles de ; pour tout , soit
le degré intégral de au-dessus de . Si est
une -forme mesurable sur à support
fortement paracompact dans , on a
alors ,
et la même chose sans les valeurs absolues dans le cas
intégrable.
Cela vaut également
mutatis mutandis
pour les -formes.
Si est irréductible, si est fini de degré intégral
et si est une extension complète de alors le degré intégral
de sur chacune des composantes irréductibles de est égal
à .