3.5.1 [01Q2]
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3.5.1
Soit un espace -analytique compact purement de dimension et soit un moment sur .
L’espace est un polytope compact de . Soit une décomposition cellulaire de .
On construit comme suit un calibrage de qui est partout non nul. On dit que c’est le calibrage canonique de .
Soit une cellule de de dimension . Choisissons un morphisme de tores de dans le tore tel que la restriction à de l’application affine
soit un isomorphisme, et soit l’unique section de dont l’image est le sous-espace affine .
L’image de par est contenue dans un polytope de dimension .
Il existe donc une décomposition cellulaire de telle que pour toute cellule ouverte de de dimension , la cellule image ne rencontre pas . L’ouvert est alors, d’après les résultats du §2.4, fini et plat de degré strictement positif sur ; on note le degré en question. Soit le vecteur-volume de associé à son orientation pour laquelle la base canonique est directe et au -vecteur . Posons alors
Si l’on modifie en le composant par un morphisme de tores de dans lui-même, cela multiplie le degré par le degré de , c’est-à-dire par , où est la matrice des exposants de . En outre, est remplacé par et le vecteur-volume est multiplié par l’inverse de . Par suite, est indépendant du choix de .
On définit ainsi un calibrage de , qui ne dépend donc pas de , ni de la décomposition : il suffit en effet de s’assurer qu’il est insensible à un raffinement de celle-ci, ce qui est immédiat.
En concaténant les familles ainsi construites sur les différentes -cellules de , on définit un calibrage de l’espace . Il ne dépend pas de la décomposition : il suffit en effet, là encore, de s’assurer qu’il est insensible à un raffinement de celle-ci, ce qui est clair.
\lemmname 3.5.2.
Soit un espace -analytique compact purement de dimension , soit un moment sur , et soit un morphisme affine de tores.
Le calibrage canonique de est égal à .
Démonstration.
Choisissons une décomposition cellulaire de et une décomposition cellulaire de telle que pour toute cellule .
Soit une -cellule de , et soit l’ensemble des -cellules de s’envoyant sur ; pour toute cellule , l’application induit des isomorphismes
Soit une projection affine de sur un telle que soit injective, et soit une cellule de dimension contenue dans l’intérieur de et ne rencontrant pas . On note l’image réciproque de sur , et l’image réciproque de sur pour toute .
On note la réciproque de l’isomorphisme induit par (et le logarithme) ; pour tout , on note de même la réciproque de l’isomorphisme induit par .
Soit le degré de sur ; pour tout , soit le degré de sur .
Comme est la réunion disjointe des pour , on a .
Munissons de l’orientation donnée par sa base canonique, et soit le -vecteur standard de . On note l’orientation de déduite de via ; pour tout , on note l’orientation de déduite de via .
Pour tout , le calibrage vaut sur ; et le calibrage vaut sur .
Comme pour toute , la valeur sur du calibrage est égale à , c’est-à-dire à . ∎