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Démonstration. [01P9]

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Démonstration.

Quitte à remplacer XX par un voisinage ouvert d’un point de KK, il suffit de prouver que KK contient un tel point xx. On peut aussi supposer que ω\omega est tropicale. Soit donc (f:X→𝐆mN,P,α)(f\colon X\rightarrow\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N},P,\alpha) une présentation de ω\omega.

Soit xx un point de KK et soit VV un voisinage affinoïde de xx possédant la propriété suivante : pour tout voisinage affinoïde WW de xx dans VV, le compact ftrop​(W)f_{\text{trop}}(W) est un voisinage de ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) dans ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V)  ; l’existence d’un tel VV découle de 2.3.3.

Fixons un voisinage affinoïde WW de xx dans Int⁡(V/X){\rm Int}\;(V/X). Comme VV est un voisinage de xx dans XX et comme xx appartient au support de ω\omega, la restriction à VV de ω\omega n’est pas nulle. Par suite, ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) appartient au support de α|ftrop​(V)\alpha|_{f_{\text{trop}}(V)} (corollaire 3.2.3).

Fixons une décomposition cellulaire 𝒞\mathscr{C} de ftrop​(W)f_{\text{trop}}(W), et soit QQ la réunion des cellules maximales de 𝒞\mathscr{C} qui contiennent ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x). Comme ftrop​(W)f_{\text{trop}}(W) est un voisinage de ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) dans ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V), le polytope QQ est lui-même un voisinage de ftrop​(x)f_{\text{trop}}(x) dans ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V).

Il s’ensuit que α|Q≠0\alpha|_{Q}\neq 0  ; par conséquent, il existe une cellule maximale CC de 𝒞\mathscr{C} (contenue dans QQ), dont on note dd la dimension, telle que α|C≠0\alpha|_{C}\neq 0  ; la forme α\alpha étant à coefficients continus, il existe un ouvert C1C_{1} de CC, contenu dans son intérieur, tel que α|C1≠0\alpha|_{C_{1}}\neq 0  ; notons que C1C_{1} est ouvert dans ftrop​(V)f_{\text{trop}}(V).

L’espace V′=(ftrop)|V−1​(C1)∩Int​VV^{\prime}=(f_{\text{trop}})|_{V}^{-1}(C_{1})\cap{\rm Int}\;V est un ouvert de XX.

Soit p:𝐆mN→𝐆mdp\colon\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N}\rightarrow\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{d} un morphisme affine de tores tel que ptropp_{\text{trop}} soit injectif sur ⟨C⟩\langle C\rangle, de sorte que C′=ptrop​(C1)C^{\prime}=p_{\text{trop}}(C_{1}) est un ouvert non vide de 𝐆m,tropd\mathbf{G}_{\mathrm{m},{\text{trop}}}^{d}. Il existe une forme α′\alpha^{\prime} sur C′C^{\prime} telle que α|C1=p∗​α′\alpha|_{C_{1}}=p^{*}\alpha^{\prime}. Posons f′=p∘ff^{\prime}=p\circ f ; on a ω|V′=(f′)∗​α′\omega|_{V^{\prime}}=(f^{\prime})^{*}\alpha^{\prime}. Écrivons α′=∑αI​J′​d′⁡xI∧d′′⁡xJ\alpha^{\prime}=\sum\alpha^{\prime}_{IJ}\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{I}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{J}, où II et JJ parcourent les multiindices de {1,…,d}\{1,\dots,d\} de longueurs pp et qq respectivement. Quitte à restreindre C1C_{1}, C′C^{\prime} et donc V′V^{\prime}, on peut aussi supposer que l’une des fonctions continues αI​J′\alpha^{\prime}_{IJ} ne s’annule pas sur C′C^{\prime}.

Fixons une cellule compacte C2C_{2} non vide, de dimension dd et contenu dans C1C_{1}. Comme ftrop′​(W)⊃C1f^{\prime}_{\text{trop}}(W)\supset C_{1}, le domaine analytique compact ftrop−1​(C2)∩Wf_{\text{trop}}^{-1}(C_{2})\cap W est non vide, et il est contenu dans V′V^{\prime} puisque W⊂Int​VW\subset{\rm Int}\;V. Son image par ftropf_{\text{trop}} est égale à C2C_{2}, et son image par ftrop′f^{\prime}_{\text{trop}} est en conséquence un polytope compact et de dimension dd de C′C^{\prime}. Il existe donc y∈ftrop−1​(C2)∩Wy\in f_{\text{trop}}^{-1}(C_{2})\cap W en lequel la dimension tropicale de f′|ftrop−1​(C2)∩Wf^{\prime}|_{f_{\text{trop}}^{-1}(C_{2})\cap W} est égale à dd  ; la dimension tropicale de f′f^{\prime} en yy est a fortiori égale à dd, ce qui signifie que f′​(y)f^{\prime}(y) appartient à la partie Csq′C^{\prime}_{\mathrm{sq}} du squelette de 𝐆md\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{d} (2.3.3).

En vertu du lemme 3.2.6 ci-dessus, la fibre (f′)|V′−1​(f′​(y))(f^{\prime})|_{V^{\prime}}^{-1}(f^{\prime}(y)) est purement de dimension n−dn-d. Il existe donc un point zz de cette fibre tel que dℋ⁡(y)​(z)=n−dd_{{\mathscr{H}}(y)}(z)=n-d. Comme dk​(f′​(y))=dd_{k}(f^{\prime}(y))=d, il vient dk​(z)=nd_{k}(z)=n.

Comme f′​(z)=f′​(y)f^{\prime}(z)=f^{\prime}(y) appartient à 𝐒⁡(𝐆md){\bf S}(\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{d}) et comme f′|V′f^{\prime}|_{V^{\prime}} est sans bord puisque V′V^{\prime} est un ouvert de l’espace sans bord XX, il résulte de 2.3.3 que pour tout voisinage affinoïde UU de zz dans V′V^{\prime}, le compact ftrop′​(U)f^{\prime}_{\text{trop}}(U) contient un voisinage de ftrop′​(z)f^{\prime}_{\text{trop}}(z) dans (𝐆md)trop(\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{d})_{\text{trop}}. Comme il est par ailleurs contenu dans C′C^{\prime} par définition de V′V^{\prime}, il contient un ouvert de C′C^{\prime}, sur lequel α\alpha est non nulle.

Il s’ensuit, d’après le lemme 3.2.2, que ω|U\omega|_{U} est non nulle. Ceci valant pour tout UU, le point zz appartient au support de ω\omega, ce qui achève la démonstration. ∎

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