2.4.4 Degrés et tropicalisations [01NG]
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2.4.4 Degrés et tropicalisations
Soit un espace -analytique de dimension , soit un tore de dimension quelconque et soit un tore de dimension ; on se donne un moment et un morphisme affine surjectif . Comme est compact, est un polytope compact de de dimension au plus , et est contenu dans un polytope compact de dimension au plus .
Soit un ouvert connexe et non vide de contenu dans et ne rencontrant pas ; remarquons qu’il existe une décomposition cellulaire de dont toutes les cellules ouvertes de dimension satisfont cette propriété. Soit la famille des composantes connexes de .
L’ouvert ne rencontrant pas , l’ouvert de ne rencontre pas , et est dès lors fini et plat au-dessus de , qui est connexe et non vide. Soit le degré de au-dessus de .
L’ouvert de contient ; il est donc fini et plat de degré au-dessus de .
On a ; il vient , chacun d’eux étant ouvert et fermé dans . Par conséquent, est pour tout fini et plat au-dessus de ; notons le degré correspondant. L’égalité implique que les sont presque tous nuls et que .
Fixons . L’entier est alors nul si et seulement si .
En effet, supposons que ; dans ce cas, tout point de a au moins un antécédent dans , d’où il découle que , puis que , d’où la surjectivité de .
Réciproquement, supposons que se surjecte sur . Il existe alors nécessairement une cellule de de dimension , contenue dans , s’envoyant injectivement dans et rencontrant . Il existe dès lors un polytope compact non vide de dimension contenu dans et tel que . Appelons le compact . Comme est contenu dans on a ; par conséquent, est un polytope de dimension . Si la dimension tropicale de en tout point de était majorée par le polytope serait de dimension au plus , ce qui est contradictoire. Il existe donc un point de en lequel la dimension tropicale de est égale à ; il en résulte que rencontre . Compte-tenu du fait que , il s’ensuit que rencontre . Ainsi, il existe un point dont la fibre rencontre ; le degré de au-dessus de est donc non nul, ce qu’il fallait démontrer.
Changement de paramétrage au but. Donnons-nous un tore de dimension et un morphisme affine et surjectif . Un tel morphisme est fini et plat ; notons son degré. L’application est alors une bijection affine, s’identifie à et est un homéomorphisme (2.4.1).
Soit l’image de par la bijection affine . Si alors a un unique antécédent sur , qui est situé sur et par conséquent sur ; le morphisme est fini et plat de degré en . Il s’ensuit que est fini et plat de degré au-dessus de ; par le même raisonnement, est fini et plat de degré sur .