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Soit un morphisme
affines et à fibres finies entre tores de même dimension ; en d’autres
termes, est composée d’une isogénie et d’une translation.
Le morphisme est fini, plat et surjectif, et l’application affine
est bijective.
Soit , soit la dimension tropicale de en , et soit
la dimension tropicale de en .
Soit un voisinage affinoïde de dans tel que
l’image de dans soit de dimension .
Le polytope est de dimension , et coïncide
avec .
Comme est fini et plat, il est ouvert, et est donc un voisinage
de . La dimension de est par conséquent supérieure
ou égale à ; ainsi, .
Soit un voisinage affinoïde de dans tel que
soit de dimension . Comme est surjective,
se surjecte sur et l’on a
donc l’égalité ;
il s’ensuit que est de dimension . Comme
c’est un voisinage
de , sa dimension est supérieure ou égale à ; on a ainsi
, d’où finalement l’égalité .
Il en résulte que si et seulement si ,
c’est-à-dire que si et seulement si .
Autrement dit, .
On dispose dès lors d’un diagramme commutatif
Les flèches verticales et la flèche horizontale du bas
étant une bijection affine,
induit une bijection affine
.
2.4.2 Morphisme finis et plats au-dessus d’un sous-ensemble du but
Commençons par quelques conventions de vocabulaire. Soit
un morphisme entre espaces -analytiques et soit . On dira
que
est fini et plat au-dessus de s’il existe un voisinage
analytique
de tel que soit fini et plat. On peut alors
toujours choisir un tel connexe ; le degré de
ne dépend dès lors pas du choix de , et on l’appelle le degré
de au-dessus de . Il s’ensuit que l’ensemble des points de
au-dessus desquels est fini et plat est un ouvert, sur lequel le
degré est localement constant.
Soit un point au-dessus duquel est fini et plat, et soit
un voisinage analytique de dans tel que soit
fini et plat. Soit un ouvert de contenant . Il
existe
un voisinage analytique de dans tel que , par propreté topologique de ; par
conséquent, est fini et plat au-dessus de , de même degré
que .
Remarquons que est fini et plat de degré nul au-dessus de
si et seulement si il existe un voisinage analytique de dans
tel que ; c’est donc le cas si et seulement si
.
Soit un sous-ensemble de . On dira que est fini et
plat
au-dessus de s’il est fini et plat au-dessus de tout point de
. Si c’est le cas et si est connexe et non vide, le
degré de au-dessus au-dessus d’un point de ne dépend
pas de et sera appelé le degré de au-dessus de .
Soit un ouvert de contenant . En vertu de ce
qui
précède, si est fini et plat au-dessus de , il en va de
même de , et dans le cas où est en plus connexe et non
vide, le degré de au-dessus de est égal à celui de .
2.4.3 Un exemple
Soit un espace -analytique compact de dimension , soit
un tore de dimension , et soit un morphisme.
Soit .
La fibre est finie et purement de dimension nulle. En effet,
soit . On a .
Par conséquent, , ce qui entraîne que ;
ainsi, est purement de dimension nulle.
C’est alors un sous-ensemble fermé et discret, et partant fini, du compact .
Supposons que . Le morphisme
est alors fini et plat
au-dessus de . En effet,
soit .
Comme
est de dimension nulle et sans bord en ,
elle est finie en ([8], cor. 3.1.10).
Il existe donc un voisinage affinoïde
de
dans et un voisinage
affinoïde de
dans tels que
induise un morphisme fini ;
quitte à restreindre , on peut supposer
qu’il ne rencontre pas les antécédents de
autres que .
Posons .
Par construction,
est un voisinage affinoïde
de dans
tel que soit fini.
Par ailleurs, l’anneau local
est un corps (cf. par exemple [31], 0.19) ;
il s’ensuit que
est fini et plat au-dessus de , comme annoncé.
Soit l’image réciproque de par .
Comme
est contenu dans un polytope
de de dimension au plus ,
le compact est contenu dans un polytope
de de dimension au plus .
Pour tout l’application est finie et plate au-dessus
de
en vertu de ce qui précède, puisque est contenu dans . Autrement
dit,
est fini et plat au-dessus de .
2.4.4 Degrés et tropicalisations
Soit un espace -analytique
de dimension , soit un tore de dimension quelconque et soit
un tore de dimension ; on se donne un moment et
un morphisme affine surjectif . Comme est compact,
est un polytope compact de
de dimension au plus , et
est contenu dans un polytope compact de dimension
au plus .
Soit un ouvert connexe et non vide de contenu dans
et ne rencontrant pas ; remarquons qu’il existe une
décomposition cellulaire de dont toutes les
cellules ouvertes de dimension satisfont cette propriété. Soit
la famille des composantes connexes de .
L’ouvert ne rencontrant pas ,
l’ouvert de ne rencontre pas ,
et est dès lors fini et plat au-dessus de , qui est
connexe et non vide. Soit le degré de au-dessus de
.
L’ouvert de contient ; il est donc fini et plat de degré au-dessus de
.
On a ; il vient , chacun d’eux étant
ouvert et fermé dans . Par conséquent,
est pour tout fini et plat au-dessus de
; notons le degré correspondant. L’égalité
implique que les sont presque
tous nuls et que .
Fixons . L’entier est alors nul si et seulement si
.
En effet, supposons que ; dans ce cas, tout point de
a au moins un antécédent dans , d’où il
découle que , puis que
, d’où la surjectivité de .
Réciproquement, supposons que se surjecte sur .
Il existe alors nécessairement une cellule de
de dimension , contenue dans ,
s’envoyant injectivement dans et rencontrant .
Il existe dès lors un polytope compact non vide
de dimension contenu dans
et tel que . Appelons le compact
. Comme est contenu dans
on a ; par conséquent,
est un polytope de dimension .
Si la dimension tropicale de en tout point de
était majorée par le polytope serait de
dimension au plus ,
ce qui est contradictoire. Il existe donc un point de
en lequel la dimension tropicale de est égale à
;
il en résulte que rencontre .
Compte-tenu du fait que ,
il s’ensuit que rencontre . Ainsi, il existe
un point
dont la fibre rencontre ;
le degré de au-dessus de est donc non nul,
ce qu’il fallait démontrer.
Changement de paramétrage au but. Donnons-nous un tore
de dimension et un morphisme affine et surjectif .
Un tel morphisme est fini et plat ; notons son degré.
L’application est alors une
bijection affine, s’identifie à et est un homéomorphisme (2.4.1).
Soit l’image de par la bijection affine . Si alors a un unique antécédent sur , qui est situé
sur et par conséquent sur ; le morphisme est fini
et plat de degré en . Il s’ensuit que est fini et plat de
degré au-dessus de ; par le même raisonnement,
est fini et plat de degré sur .