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1.3 Intégrale d’une ( p , n ) -forme sur un sous-espace de dimension p [01LW]

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1.3 Intégrale d’une (p,n)(p,n)-forme sur un sous-espace de dimension pp

1.3.1

Soit ω\omega une (n,n)(n,n)-forme à coefficients mesurables sur un ouvert UU de 𝐑n\mathbf{R}^{n}, donnée en coordonnées par la formule

ω=ω♯​(x1,…,xn)​d′⁡x1∧d′′⁡x1∧…​d′⁡xn∧d′′⁡xn,\omega=\omega^{\sharp}(x_{1},\dots,x_{n})\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{1}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{1}\wedge\dots\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{n}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{n},

où ω♯\omega^{\sharp} est donc une fonction mesurable sur UU. Si ω♯\omega^{\sharp} est intégrable sur UU, Lagerberg a défini l’intégrale de ω\omega par la formule

∫Uω=∫Uω♯​(x1,…,xn)​d​x1​…​d​xn,\int_{U}\omega=\int_{U}\omega^{\sharp}(x_{1},\dots,x_{n})\,\mathrm{d}x_{1}\dots\mathrm{d}x_{n}, (1.3.1.1)

où d​x1​…​d​xn\mathrm{d}x_{1}\dots\mathrm{d}x_{n} désigne la mesure de Lebesgue.

1.3.2 Non-canonicité des intégrales de Lagerberg

Si f:𝐑n→𝐑nf\colon\mathbf{R}^{n}\rightarrow\mathbf{R}^{n} est une application affine bijective, d’application linéaire associée f→\overrightarrow{f}, on a

∫f−1​(U)f∗​ω=|det(f→)|​∫Uω.\int_{f^{-1}(U)}f^{*}\omega=\mathopen{|}{\det(\overrightarrow{f})}\mathclose{|}\int_{U}\omega. (1.3.2.1)

Soit nn un entier naturel et soit VV un espace affine de dimension nn sur 𝐑\mathbf{R}. Pour définir l’intégrale d’une (n,n)(n,n) forme intégrable ω\omega sur un ouvert UU de VV, il suffit de fixer un isomorphisme affine de VV sur 𝐑n\mathbf{R}^{n} et d’appliquer la définition ci-dessus. Le problème est que le résultat obtenu dépend de l’isomorphisme choisi : en effet, par ce qui précède, deux isomorphismes uu et u′u^{\prime} fournissent la même notion d’intégrale si et seulement le jacobien de l’automorphisme affine u′∘u−1u^{\prime}\circ u^{-1} de 𝐑n\mathbf{R}^{n} est égal à ±1\pm 1.

Pour définir l’intégrale d’une (n,n)(n,n)-forme sur un ouvert d’un espace affine, des données supplémentaires sont donc nécessaires. Comme on vient de le voir, ce peut être, un système de coordonnées affines  ; mais comme la dépendance en un tel système ne fait intervenir que la valeur absolue du jacobien du changement de variables, il est suffisant de se donner un nn-vecteur et une orientation.

Le but des paragraphes qui suivent est d’expliciter cette assertion un peu vague et de définir du même coup l’intégrale d’une (n−1,n)(n-1,n)-forme sur le bord d’un demi-espace de VV.

1.3.3

Soit VV un 𝐑\mathbf{R}-espace affine de dimension finie. Soit ℱ\mathscr{F} la classe des fonctions numériques mesurables sur un espace affine, et soit ℒ1\mathscr{L}^{1} la sous-classe formée des fonctions intégrables pour la mesure de Lebesgue. (On n’identifie pas deux fonctions égales presque partout.)

Soit WW un sous-espace affine de VV, soit pp sa dimension ; soit oo une orientation de WW.

Soit nn un entier naturel et soit λ∈Λn​V\lambda\in\Lambda^{n}V. Soit ω\omega une (p,n)(p,n)-forme à coefficients dans ℱ\mathscr{F} sur un ouvert UU de VV. On note ⟨ω,λ⟩\langle\omega,\lambda\rangle la (p​,0)(p,0)-forme sur VV déduite de ω\omega en contractant par λ\lambda la partie faisant intervenir les variables en d′′\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}} ; c’est donc une pp-forme (au sens usuel de la géométrie différentielle) à coefficients mesurables sur VV. On note alors

∫U∩W⟨|ω|,|λ|⟩\int_{U\cap W}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\lambda}\mathclose{|}\rangle

la masse totale de la mesure sur U∩WU\cap W déduite de la restriction à WW de la pp-forme ⟨ω,λ⟩\langle\omega,\lambda\rangle. On dit que ω\omega est intégrable sur W∩UW\cap U si cette masse totale est finie.

Dans ce cas, l’orientation oo fixée sur WW permet de définir l’intégrale de ⟨ω,λ⟩\langle\omega,\lambda\rangle sur U∩WU\cap W ; sous-entendant le choix de l’orientation oo, on note naturellement

∫U∩W⟨ω,λ⟩\int_{U\cap W}\langle\omega,\lambda\rangle

cette intégrale.

Les formes ω\omega de type (p,n)(p,n) à coefficients mesurables sur UU qui sont intégrables sur WW forment un sous-espace vectoriel de ℱVp,n​(U)\mathscr{F}^{p,n}_{V}(U). L’application ω↦∫U∩W⟨ω,λ⟩\omega\mapsto\int_{U\cap W}\langle\omega,\lambda\rangle est linéaire.

1.3.4

Lorsqu’on change l’orientation oo en l’orientation opposée, l’intégrale d’une forme (par rapport à (o,λ)(o,\lambda)) est transformée en son opposée. De même, lorsqu’on change le nn-vecteur λ\lambda en le multiple a​λa\lambda, l’intégrale d’une forme est multipliée par aa.

En particulier, la notion d’intégrabilité et l’intégrale ne sont pas modifiées si l’on change simultanément l’orientation oo en l’orientation opposée et le nn-vecteur λ\lambda en son opposé −λ-\lambda. Ces notions ne dépendent donc que de la classe μ\mu du couple (o,λ)(o,\lambda) dans le produit contracté Or⁡(W→)×{−1,1}Λn​V→\operatorname{Or}(\overrightarrow{W})\times^{\{-1,1\}}\Lambda^{n}\overrightarrow{V} de l’ensemble des orientations sur W→\overrightarrow{W} et de l’espace des nn-vecteurs sur V→\overrightarrow{V}, munis des actions naturelles de {−1,1}\{-1,1\}.

On notera ainsi ∫U∩W⟨ω,μ⟩\int_{U\cap W}\langle\omega,\mu\rangle et ∫U∩W⟨|ω|,|μ|⟩\int_{U\cap W}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\mu}\mathclose{|}\rangle ce qui était noté ∫U∩W⟨ω,λ⟩\int_{U\cap W}\langle\omega,\lambda\rangle et ∫U∩W⟨|ω|,|λ|⟩\int_{U\cap W}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\lambda}\mathclose{|}\rangle.

On peut penser aux symboles |ω|\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|} et |μ|\mathopen{|}{\mu}\mathclose{|} comme représentant « ω\omega et μ\mu au signe près ».

1.3.5 Le cas des formes de type (n,n)(n,n) : les vecteurs-volume

Supposons que nn soit égal à la dimension de VV. Nous appellerons vecteur-volume sur VV un élément du produit contracté |Λn​V→|=Or⁡(V→)×{−1,1}Λn​V→\mathopen{|}{\Lambda^{n}\overrightarrow{V}}\mathclose{|}=\operatorname{Or}(\overrightarrow{V})\times^{\{-1,1\}}\Lambda^{n}\overrightarrow{V}. Concrètement, on obtient bien sûr un tel vecteur-volume à partir d’une base (e1,…,en)(e_{1},\ldots,e_{n}) de V→\overrightarrow{V}, décrétée directe, et d’un nn-vecteur a​e→1∧⋯∧ena\overrightarrow{e}_{1}\wedge\dots\wedge e_{n} de V→\overrightarrow{V}. Soit UU un ouvert de VV.

D’après les paragraphes précédents, une fois choisi un vecteur-volume μ\mu sur VV, on peut définir : l’intégrale ∫U⟨|ω|,|μ|⟩\int_{U}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\mu}\mathclose{|}\rangle pour toute forme mesurable ω\omega de type (n,n)(n,n) sur UU de VV  ; la notion de μ\mu-intégrabilité d’une telle forme  ; et, pour une (n,n)(n,n)-forme ω\omega sur UU qui est mesurable et μ\mu-intégrable, l’intégrale ∫U⟨ω,μ⟩\int_{U}\langle\omega,\mu\rangle.

Si ω=ω♯​(x1,…,xn)​d′⁡x1∧d′′⁡x1∧…∧d′⁡xn∧d′′⁡xn\omega=\omega^{\sharp}(x_{1},\ldots,x_{n})\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{1}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{1}\wedge\ldots\wedge\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{n}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{n} en coordonnées dans un repère (O,e1,…,en)(O,e_{1},\ldots,e_{n}) alors ω\omega est μ\mu-intégrable si et seulement si la fonction a​ω♯a\omega^{\sharp} sur UU est intégrable. Cela ne dépend d’ailleurs pas de aa, sauf si a=0a=0 auquel cas toute forme mesurable est μ\mu-intégrable.

On a

∫U⟨|ω|,|μ|⟩=|a|​∫U|ω♯|​(x1,…,xn)​d​x1​…​d​xn,\int_{U}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\mu}\mathclose{|}\rangle=\mathopen{|}{a}\mathclose{|}\int_{U}\mathopen{|}{\omega^{\sharp}}\mathclose{|}(x_{1},\dots,x_{n})\,\mathrm{d}x_{1}\dots\mathrm{d}x_{n},

et

∫U⟨ω,μ⟩=a​∫Uω♯​(x1,…,xn)​d​x1​…​d​xn\int_{U}\langle\omega,\mu\rangle=a\int_{U}\omega^{\sharp}(x_{1},\dots,x_{n})\,\mathrm{d}x_{1}\dots\mathrm{d}x_{n}

lorsque ω\omega est μ\mu-intégrable. Lorsque a=1a=1, on retrouve la formule de Lagerberg.

1.3.6

Soit f:V→V′f\colon V\rightarrow V^{\prime} un isomorphisme d’espaces affines de dimension finie et soit μ\mu un vecteur-volume sur VV.

Soit f∗​(μ)f_{*}(\mu) le vecteur volume sur V′V^{\prime} déduit de μ\mu par transport de structure.

Soit ω′\omega^{\prime} une (n,n)(n,n)-forme à coefficients mesurables sur V′V^{\prime} et soit ω=f∗​ω′\omega=f^{*}\omega^{\prime}. Pour que ω\omega soit μ\mu-intégrable, il faut et il suffit que ω′\omega^{\prime} soit f∗​(μ)f_{*}(\mu)-intégrable ; alors,

∫f−1​(U)⟨f∗​ω,μ⟩=∫U⟨ω,f∗​(μ)⟩.\int_{f^{-1}(U)}\langle f^{*}\omega,\mu\rangle=\int_{U}\langle\omega,{f_{*}(\mu)}\rangle.

1.3.7 Le cas des (n−1,n)(n-1,n)-formes : les intégrales de bord

On suppose toujours que nn est la dimension de VV. Soit V+V_{+} un demi-espace fermé de VV ; c’est un sous-espace linéaire par morceaux de VV dont le bord ∂V+\partial V_{+} est un hyperplan affine. Si ℓ\ell est une forme affine telle que V+={ℓ≥0}V_{+}=\{\ell\geq 0\}, on dit qu’un vecteur v∈V→v\in\overrightarrow{V} est sortant de V+V_{+} si ℓ⁡(v)≤0\ell(v)\leq 0, l’adverbe strictement signifiant que l’inégalité précédente est stricte.

Tout vecteur-volume μ\mu sur VV induit canoniquement un élément ∂μ+\partial\mu_{+} de Or⁡(∂V+→)×{−1,1}Λn​V→\operatorname{Or}(\overrightarrow{\partial V_{+}})\times^{\{-1,1\}}\Lambda^{n}\overrightarrow{V} défini comme suit. On choisit une orientation oo de ∂V+→\overrightarrow{\partial V_{+}}, une base directe (e2,…,en)(e_{2},\ldots,e_{n}) de ∂V+→\overrightarrow{\partial V_{+}}, un vecteur e1e_{1} strictement sortant de V+V_{+}, et l’on note o′o^{\prime} l’orientation de VV pour laquelle la base (e1,…,en)(e_{1},\ldots,e_{n}) est directe. Il existe alors un unique λ∈Λn​V→\lambda\in\Lambda^{n}\overrightarrow{V} tel que (o′,λ)(o^{\prime},\lambda) soit égal à μ\mu dans |Λn​V→|\mathopen{|}{\Lambda^{n}\overrightarrow{V}}\mathclose{|}. Le couple (o,λ)(o,\lambda) définit un élément ∂μ+\partial\mu_{+} de Or⁡(∂V→)×{−1,1}Λn​V→\operatorname{Or}(\overrightarrow{\partial V})\times^{\{-1,1\}}\Lambda^{n}\overrightarrow{V} qui est indépendant des choix faits.

D’après les paragraphes 1.3.3 et 1.3.4, on peut alors définir : l’intégrale ∫U∩∂V+⟨|ω|,|∂μ+|⟩\int_{U\cap\partial V_{+}}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\partial\mu_{+}}\mathclose{|}\rangle pour toute forme mesurable ω\omega de type (n−1,n)(n-1,n) sur UU  ; la notion de ∂μ+\partial\mu_{+}-intégrabilité d’une telle forme sur ∂V+\partial V_{+}  ; et, pour une forme ω\omega sur UU qui est mesurable et ∂μ+\partial\mu_{+}-intégrable sur ∂V+\partial V_{+}, l’intégrale ∫U∩∂V+⟨ω,∂μ+⟩\int_{U\cap\partial V_{+}}\langle\omega,\partial\mu_{+}\rangle.

Concrètement, choisissons (e1,…,en)(e_{1},\dots,e_{n}) comme ci-dessus. Cette base étant vue comme directe, le vecteur volume μ\mu est donné par un nn-vecteur a​e1∧⋯∧enae_{1}\wedge\dots\wedge e_{n} de Λn​V→\Lambda^{n}\overrightarrow{V}. Choisissons aussi une origine sur ∂V+\partial V_{+} ; dans les coordonnées correspondantes, on peut écrire

ω=∑i=1nωi​d′⁡x1∧d′′⁡x1∧…​d′⁡xi^∧d′′⁡xi∧…​d′⁡xn∧d′′⁡xn.\omega=\sum_{i=1}^{n}\omega_{i}\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{1}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{1}\wedge\dots\widehat{\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{i}}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{i}\wedge\dots\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{n}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{n}.

On a alors

∫U∩∂V+⟨|ω|,|∂μ+|⟩=|a|​∫U∩∂V+|ω1|​(0,x2,…,xn)​d​x2​…​d​xn.\int_{U\cap\partial V_{+}}\langle\mathopen{|}{\omega}\mathclose{|},\mathopen{|}{\partial\mu_{+}}\mathclose{|}\rangle=\mathopen{|}{a}\mathclose{|}\int_{U\cap\partial V_{+}}\mathopen{|}{\omega_{1}}\mathclose{|}(0,x_{2},\dots,x_{n})\mathrm{d}x_{2}\dots\mathrm{d}x_{n}.

La forme ω\omega est ∂μ+\partial\mu_{+}-intégrable sur WW si et seulement si a​ω1​(0,∗,…,∗)a\omega_{1}(0,*,\ldots,*) est L1L^{1} (ce qui ne dépend pas de aa, sauf si celui-ci est nul, auquel cas toute forme mesurable est ∂μ+\partial\mu_{+}-intégrable). Si c’est le cas,

∫U∩∂V+⟨ω,∂μ+⟩=a​∫U∩∂V+ω1​(0,x2,…,xn)​d​x2​…​d​xn.\int_{U\cap\partial V_{+}}\langle\omega,\partial\mu_{+}\rangle=a\int_{U\cap\partial V_{+}}\omega_{1}(0,x_{2},\dots,x_{n})\mathrm{d}x_{2}\dots\mathrm{d}x_{n}.
\lemmname 1.3.8 (Formule de Green).

Soit μ∈|Λn​V→|\mu\in\mathopen{|}{\Lambda^{n}\overrightarrow{V}}\mathclose{|}. Soit V+V_{+} un demi-espace fermé dans VV. Soit α\alpha et β\beta des formes lisses symétriques de type (p,p)(p,p) et (q,q)(q,q) sur VV, avec p+q=n−1p+q=n-1 ; si l’intersection de leurs supports est compact, on a

∫V+⟨α∧d′​d′′⁡β−d′​d′′⁡α∧β,μ⟩=∫∂V+⟨α∧d′′⁡β−d′′⁡α∧β,∂μ+⟩.\int_{V_{+}}\langle\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime}\mathrm{d}^{\prime\prime}}\beta-\mathop{\mathrm{d}^{\prime}\mathrm{d}^{\prime\prime}}\alpha\wedge\beta,\mu\rangle=\int_{\partial V_{+}}\langle\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\beta-\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\alpha\wedge\beta,\partial\mu^{+}\rangle.
Démonstration.

On peut supposer que V=𝐑nV=\mathbf{R}^{n}, V+=𝐑+×𝐑n−1V_{+}=\mathbf{R}_{+}\times\mathbf{R}^{n-1}, et que le vecteur-volume μ\mu est égal à e1∧⋯∧ene_{1}\wedge\dots\wedge e_{n}. Posons

ω=α∧d′′⁡β−d′′⁡α∧β.\omega=\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\beta-\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\alpha\wedge\beta.

Considérant ω\omega comme une (n−1)(n-1)-forme à coefficients dans le fibré vectoriel trivial Λn​V→∗\Lambda^{n}\overrightarrow{V}^{*}, la formule de Stokes usuelle assure que

∫V+𝑑ω=∫∂V+ω.\int_{V_{+}}\mathrm{d}\omega=\int_{\partial V_{+}}\omega.

Par ailleurs,

d​ω=(α∧d′​d′′⁡β−d′​d′′⁡α∧β)+(d′⁡α∧d′′⁡β+d′′⁡α∧d′⁡β).\mathrm{d}\omega=(\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime}\mathrm{d}^{\prime\prime}}\beta-\mathop{\mathrm{d}^{\prime}\mathrm{d}^{\prime\prime}}\alpha\wedge\beta)+(\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\beta+\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\beta).

Pour démontrer le lemme, il suffit donc de prouver d′α∧d′′β=−d′′α∧d′β\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\beta=-\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\beta. Comme toute forme de type (n,n)(n,n) est symétrique et p+q=n−1p+q=n-1, on a

d′⁡α∧d′′⁡β\displaystyle\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\beta =d′⁡α∧J​d′⁡J​β\displaystyle=\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\alpha\wedge\mathrm{J}\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathrm{J}\beta
=(−1)q​d′⁡α∧J​d′⁡β\displaystyle=(-1)^{q}\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\alpha\wedge\mathrm{J}\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\beta
=(−1)n+q​J​d′⁡α∧d′⁡β\displaystyle=(-1)^{n+q}\mathrm{J}\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\beta
=(−1)​J​d′⁡J​α∧d′⁡β\displaystyle=(-1)\mathrm{J}\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathrm{J}\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\beta
=−d′′α∧d′β,\displaystyle=-\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\alpha\wedge\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\beta,

d’où le lemme. ∎

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