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1.2.11 [01LU]

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1.2.11

Les opérateurs d′\mathop{\mathrm{d^{\prime}}} et d′′\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}} sont des dérivations de l’algèbre graduée 𝒜∗,∗​(U)\mathscr{A}^{*,*}(U). Si ω\omega et ω′\omega^{\prime} sont respectivement de type (p,q)(p,q) et (p′,q′)(p^{\prime},q^{\prime}), on a

d′⁡(ω∧ω′)=d′⁡ω∧ω′+(−1)p+q​ω∧d′⁡ω′,\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}(\omega\wedge\omega^{\prime})=\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\omega\wedge\omega^{\prime}+(-1)^{p+q}\omega\wedge\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\omega^{\prime},

et de même pour d′′⁡(ω∧ω′)\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}(\omega\wedge\omega^{\prime}).

\remaname 1.2.12.

Comme on le voit, le dédoublement des variables différentielles introduit par Lagerberg dans [43] permet un calcul différentiel avec des formes de type (p,q)(p,q) (pour 0≤p,q≤n0\leq p,q\leq n) sur un espace réel de dimension nn qui est formellement analogue au calcul différentiel holomorphe. Expliquons comment on peut l’interpréter en termes de géométrie tropicale complexe. Soit TT le tore complexe (𝐂∗)n(\mathbf{C}^{*})^{n}, soit V=𝐑nV=\mathbf{R}^{n} et soit π:T→V\pi\colon T\rightarrow V l’application de tropicalisation donnée par (z1,…,zn)↦(log⁡|z1|,…,log⁡|zn|)(z_{1},\dots,z_{n})\mapsto(\log\mathopen{|}{z_{1}}\mathclose{|},\dots,\log\mathopen{|}{z_{n}}\mathclose{|}). Elle identifie VV au quotient de TT par son sous-groupe compact maximal 𝐔\mathbf{U}. Interprétant d′⁡xj\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}x_{j} comme d​log⁡|zj|\mathrm{d}\log\mathopen{|}{z_{j}}\mathclose{|} et d′′⁡xj\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x_{j} comme d​Arg⁡(zj)\mathrm{d}\operatorname{Arg}(z_{j}), toute superforme de type (p,q)(p,q) sur un ouvert UU de VV définit une forme différentielle de degré p+qp+q sur π−1​(U)\pi^{-1}(U) qui est invariante par l’action de 𝐔\mathbf{U}. Inversement, toute forme ω\omega de degré p+qp+q sur π−1​(U)\pi^{-1}(U) peut s’écrire sous la forme

∑I,JfI,J​(r,θ)​d​rI∧d​θJ,\sum_{I,J}f_{I,J}(r,\theta)\mathrm{d}r_{I}\wedge\mathrm{d}\theta_{J},

où (r1,θ1),…,(rn,θn)(r_{1},\theta_{1}),\dots,(r_{n},\theta_{n}) sont respectivement module et argument de z1,…,znz_{1},\dots,z_{n} (de sorte que (log⁡r1,…,log⁡rn)∈U(\log r_{1},\dots,\log r_{n})\in U et (ei​θ1,…,ei​θn)∈𝐔(e^{i\theta_{1}},\dots,e^{i\theta_{n}})\in\mathbf{U}). Si, de plus, ω\omega est invariante sous l’action de 𝐔\mathbf{U}, on obtient que fI,Jf_{I,J} ne dépend pas de θ\theta, si bien que ω\omega provient d’une superforme de type (p,q)(p,q) sur 𝐑n\mathbf{R}^{n}. Autrement dit, on a un isomorphisme 𝒜Lagp,q≃(π∗)​((𝒜Tp+q)𝐔)\mathscr{A}^{p,q}_{\text{Lag}}\simeq(\pi_{*})\big((\mathscr{A}^{p+q}_{T})^{\mathbf{U}}\big) de faisceaux sur VV.

Par contre, cette identification ne préserve pas le type des formes en général  ; ce n’est déjà pas le cas pour d​log⁡|zj|\mathrm{d}\log\mathopen{|}{z_{j}}\mathclose{|} qui n’est pas de type (1,0)(1,0). Toutefois, les formes ainsi obtenues sur TT sont réelles, et les superformes symétriques de type (p,p)(p,p) donnent lieu à des formes de type (p,p)(p,p).

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