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Démonstration. [01SU]

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Démonstration.

Le théorème est local sur XX. On peut donc supposer que ff est de la forme g/hg/h, avec gg et hh holomorphes non diviseurs de zéro. Par additivité des deux termes de l’égalité à établir, on se ramène alors au cas où ff est holomorphe. Pour alléger les notations, nous nous permettrons de noter encore ff le morphisme X→𝐀1X\to\mathbf{A}^{1} qu’elle induit.

On peut supposer que XX est S1S_{1}, et que f:X→𝐀1f:X\to\mathbf{A}^{1} est purement de dimension relative n−1n-1.

En effet, soit x∈Xx\in X. Supposons que f⁡(x)=0f(x)=0. Comme ff n’est pas diviseur de zéro, elle est de dimension relative n−1n-1 en xx  ; elle est donc de dimension majorée par n−1n-1 au voisinage de xx ([28], th. 4.9), et même égale à n−1n-1 en vertu du Hauptidealsatz, au voisinage de xx. Par ailleurs, ff appartient à l’idéal maximal de 𝒪X,x\mathscr{O}_{X,x}, et n’est pas diviseur de zéro dans celui-ci  ; en conséquence, 𝒪X,x\mathscr{O}_{X,x} est S1S_{1}. Il existe dès lors un voisinage ouvert UU de xx dans XX tel que UU soit S1S_{1} et tel que f|Uf|_{U} soit purement de dimension relative n−1n-1.

Si f⁡(x)≠0f(x)\neq 0, il existe un voisinage UU de xx sur lequel ff est inversible. Les deux termes de l’égalité à établir sont nuls sur UU, et celle-ci est dès lors vérifiée sur UU.

On peut donc supposer que XX est S1S_{1} et que f:X→𝐀1f:X\to\mathbf{A}^{1} est purement de dimension relative n−1n-1.

Soit VV un domaine affinoïde de XX, et soit g:V→𝐆mNg:V\to\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N} un moment. Pour tout t∈Dt\in D on note VtV_{t} la fibre f|V−1​(t)f|_{V}^{-1}(t)  ; pour tout intervalle réel II on note VIV_{I} le domaine analytique de VV défini par la condition |f|∈I|f|\in I. On désigne par hh le moment produit (g,f):V→𝐆mN×𝐀1(g,f):V\to\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N}\times\mathbf{A}^{1}.

Si PP est un polytope de dimension nn et si 𝒞\mathscr{C} est une décomposition cellulaire de PP, la réunion des nn-cellules de 𝒞\mathscr{C} est un polytope purement de dimension nn qui ne dépend pas de 𝒞\mathscr{C}. Nous l’appellerons le nn-squelette de PP.

\propname 4.6.6.

Il existe un polytope calibré P⊂𝐑NP\subset\mathbf{R}^{N} purement de dimension n−1n-1 et un réel r>0r>0 possédant les propriétés suivantes :

  • 1)

    pour tout t∈V[0;r[t\in V_{[0;r[} le (n−1)(n-1)-squelette de gtrop​(Vt)g_{\text{trop}}(V_{t}) est égal à PP en tant que polytope calibré  ;

  • 2)

    pour tout segment II contenu dans ]0;r[]0;r[ le nn-squelette de htrop​(VI)h_{\text{trop}}(V_{I}) est égal à P×IP\times I en tant que polytope calibré, où P×IP\times I est muni du produit du calibrage de PP par le calibrage standard de II.

Démonstration.

Le domaine analytique gtrop−1​(gtrop​(V0))g_{\text{trop}}^{-1}(g_{\text{trop}}(V_{0})) de VV contient le fermé de Zariski V0V_{0}  ; il contient donc un voisinage de V0V_{0} (car V0↪VV_{0}\hookrightarrow V est sans bord). Par propreté topologique de ff, on en déduit que gtrop​(Vt)g_{\text{trop}}(V_{t}) est inclus dans gtrop​(V0)g_{\text{trop}}(V_{0}) pour tout tt suffisamment proche de 00.

Nous allons établir un résultat analogue à propos de ∂V\partial V. Celui-ci est contenue dans une réunion finie de compacts qui sont chacun de la forme φ−1​(ηs)\varphi^{-1}(\eta_{s}) pour un certain φ:V→𝐀1\varphi:V\to\mathbf{A}^{1} et un certain s>0s>0 ([32], lemme 3.1).

Soit φ:V→𝐀1\varphi:V\to\mathbf{A}^{1} un morphisme et soit s>0s>0. Pour tout x∈φ−1​(ηs)∩V0x\in\varphi^{-1}(\eta_{s})\cap V_{0}, on a n−1≤dk​(x)=dℋ⁡(ηs)​(x)+1n-1\leq d_{k}(x)=d_{{\mathscr{H}}(\eta_{s})}(x)+1  ; par conséquent, dℋ⁡(ηs)​(x)≤n−2d_{{\mathscr{H}}(\eta_{s})}(x)\leq n-2, et la dimension ℋ⁡(ηs){\mathscr{H}}(\eta_{s})-analytique de φ−1​(ηs)∩V0\varphi^{-1}(\eta_{s})\cap V_{0} est donc de dimension majorée par n−2n-2. Dès lors, gtrop​(φ−1​(ηs)∩V0)g_{\text{trop}}(\varphi^{-1}(\eta_{s})\cap V_{0}) est un polytope QQ de dimension inférieure ou égale à n−2n-2. Son image réciproque gtrop−1​(Q)g_{\text{trop}}^{-1}(Q) est un domaine analytique compact de VV. Son intersection avec φ−1​(ηs)\varphi^{-1}(\eta_{s}) est un domaine analytique compact WW de ce dernier, qui est dès lors un voisinage de W∩V0W\cap V_{0} dans φ−1​(ηs)\varphi^{-1}(\eta_{s})  ; par conséquent, WW contient φ−1​(ηs)∩Vt\varphi^{-1}(\eta_{s})\cap V_{t} pour tt suffisamment petit.

Il s’ensuit qu’il existe un polytope Δ⊂gtrop​(V0)\Delta\subset g_{\text{trop}}(V_{0}) de dimension ≤n−2\leq n-2 tel que gtrop​(∂V∩Vt)⊂Δg_{\text{trop}}(\partial V\cap V_{t})\subset\Delta pour tout tt suffisamment petit. Soit rr tel que gtrop​(Vt)⊂gtrop​(V0)g_{\text{trop}}(V_{t})\subset g_{\text{trop}}(V_{0}) et gtrop​(∂V∩Vt)⊂Δg_{\text{trop}}(\partial V\cap V_{t})\subset\Delta pour tout t∈D⁡(0,r)t\in D(0,r).

Choisissons une décomposition cellulaire 𝒞\mathscr{C} de gtrop​(V0)g_{\text{trop}}(V_{0}) telle que Δ\Delta soit contenu dans la réunion des n−2n-2 cellules de 𝒞\mathscr{C}.

Soit PP une (n−1)(n-1)-cellule de 𝒞\mathscr{C}. Il suffit de montrer les résultats suivants :

  • —

    pour tout t∈D⁡(0,r)t\in D(0,r), on a P⊂gtrop​(Vt)P\subset g_{\text{trop}}(V_{t}), et le calibrage de gtrop​(Vt)g_{\text{trop}}(V_{t}) sur PP est constant et égal à celui de gtrop​(V0)g_{\text{trop}}(V_{0}) sur PP  ;

  • —

    pour tout segment II de ]0;r[]0;r[ le calibrage de htrop​(VI)h_{\text{trop}}(V_{I}) sur P×IP\times I se déduit de celui de gtrop​(V0)g_{\text{trop}}(V_{0}) sur PP par produit avec le calibrage standard de II.

Il résulte de la définition des calibrages que l’on peut, pour ce faire, remplacer VV par gtrop−1​(P)g_{\text{trop}}^{-1}(P) puis, en composant gg avec une projection 𝐆mN→𝐆mn−1\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{N}\to\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1} bien choisie (de façon à induire une injection sur PP), supposer que N=n−1N=n-1  ; notons que l’égalité P̊∩gtrop​(∂V∩Vt)=∅\mathring{P}\cap g_{\text{trop}}(\partial V\cap V_{t})=\emptyset (pour t∈D⁡(0,r)t\in D(0,r)) est préservée par cette modification.

Soit t∈D⁡(0,r)t\in D(0,r) et soit StS_{t} le squelette de (𝐆mn−1)t(\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1})_{t}. Soit xx un point de l’image canonique P̊sq,t\mathring{P}_{{\mathrm{sq}},t} de P̊\mathring{P} dans StS_{t}. Nous allons montrer que hh est fini et plat de degré strictement positif au-dessus de xx, et que ce degré ne dépend pas de xx.

La dimension relative de hh est égale à 00 au-dessus de xx. En effet, dℋ⁡(t)​(x)=n−1d_{{\mathscr{H}}(t)}(x)=n-1. Si yy est un antécédent de xx par hh, on a

dℋ⁡(t)​(y)=dℋ⁡(x)​(y)+dℋ⁡(t)​(x)=dℋ⁡(x)​(y)+n−1.d_{{\mathscr{H}}(t)}(y)=d_{{\mathscr{H}}(x)}(y)+d_{{\mathscr{H}}(t)}(x)=d_{{\mathscr{H}}(x)}(y)+n-1.

Comme VtV_{t} est de dimension n−1n-1, on a dℋ⁡(t)​(y)≤n−1d_{{\mathscr{H}}(t)}(y)\leq n-1 et donc dℋ⁡(x)​(y)=0d_{{\mathscr{H}}(x)}(y)=0. La fibre de hh en xx est donc de dimension nulle, ce qu’on souhaitait établir.

Le morphisme hh est sans bord en tout point situé au-dessus de xx. En effet, la projection de xx sur (𝐆mn−1)trop(\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1})_{\text{trop}} appartient par construction à P̊\mathring{P}, laquelle ne rencontre pas gtrop​(∂V∩Vt)g_{\text{trop}}(\partial V\cap V_{t})  ; tous les antécédents de xx par hh sont dès lors des points intérieurs de VV, d’où l’assertion.

Le morphisme hh est plat au-dessus de xx. En effet, comme dℋ⁡(t)​(x)=n−1d_{{\mathscr{H}}(t)}(x)=n-1, on a dk​(x)≤n−1d_{k}(x)\leq n-1. En conséquence, il résulte de 2.1.3 que l’anneau local 𝒪𝐆mn−1×𝐀1,x\mathscr{O}_{\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1}\times\mathbf{A}^{1},x} est de dimension ≤1\leq 1  ; c’est donc ou bien un corps, ou bien un anneau de valuation discrète, puisque 𝐆mn−1×𝐀1\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1}\times\mathbf{A}^{1} est lisse. Si c’est un corps, l’assertion est évidente.

Supposons que ce soit un anneau de valuation discrète, et soit yy un antécédent de xx. Comme 𝒪𝐆mn−1×𝐀1,x\mathscr{O}_{\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1}\times\mathbf{A}^{1},x} est un anneau de valuation discrète, la dimension centrale de ce germe (2.1.3) vaut 1. Le morphisme hh étant fini en yy par ce qui précède, la dimension centrale de 𝒪V,y\mathscr{O}_{V,y} est égale à 11 d’après le lemme 1.13 de [30]. En utilisant à nouveau 2.1.3, on voit que 𝒪V,y\mathscr{O}_{V,y} est de dimension 11. Comme XX est S1S_{1}, l’anneau local 𝒪V,y\mathscr{O}_{V,y} est S1S_{1} (cf. [29], th. 3.4) et donc de Cohen-Macaulay.

Récapitulons : 𝒪V,y\mathscr{O}_{V,y} est une 𝒪𝐆mn−1×𝐀1,x\mathscr{O}_{\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1}\times\mathbf{A}^{1},x}-algèbre finie et de même dimension que 𝒪𝐆mn−1×𝐀1,x\mathscr{O}_{\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1}\times\mathbf{A}^{1},x}  ; l’anneau 𝒪𝐆mn−1×𝐀1,x\mathscr{O}_{\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1}\times\mathbf{A}^{1},x} est régulier et 𝒪V,y\mathscr{O}_{V,y} est de Cohen-Macaulay. Par conséquent, la 𝒪𝐆mn−1×𝐀1,x\mathscr{O}_{\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1}\times\mathbf{A}^{1},x}-algèbre 𝒪V,y\mathscr{O}_{V,y} est plate, et hh est ainsi plat en tout point situé au-dessus de xx.

Le degré de hh au-dessus de xx ne dépend pas de xx. Cela résulte simplement de la connexité de Σ:={P̊sq,t}t∈D⁡(0,r)\Sigma:=\{\mathring{P}_{{\mathrm{sq}},t}\}_{t\in D(0,r)}, que nous allons établir. Si ξ∈P̊\xi\in\mathring{P}, notons ξsq,t\xi_{{\mathrm{sq}},t} le point de P̊sq,t\mathring{P}_{{\mathrm{sq}},t} qui lui correspond. Donnons-nous deux points ξsq,t11\xi^{1}_{{\mathrm{sq}},t_{1}} et ξsq,t22\xi^{2}_{{\mathrm{sq}},t_{2}} de Σ\Sigma. On relie alors ξsq,t11\xi^{1}_{{\mathrm{sq}},t_{1}} à ξsq,t12\xi^{2}_{{\mathrm{sq}},t_{1}} grâce à un chemin joignant ξ1\xi^{1} à ξ2\xi^{2} sur P̊\mathring{P}, puis ξsq,t12\xi^{2}_{{\mathrm{sq}},t_{1}} à ξsq,t22\xi^{2}_{{\mathrm{sq}},t_{2}} grâce à un chemin reliant t1t_{1} à t2t_{2} sur D⁡(0,r)D(0,r) (on utilise la continuité de la section de Shilov associé à ξ2\xi^{2}).

Conclusion. Notons dd cette valeur commune du degré. Soit x∈Σx\in\Sigma et soit tt son image sur D⁡(0,r)D(0,r). Comme hh est fini et plat de degré dd au-dessus de xx, le morphisme gt:Vt→(𝐆mn−1)tg_{t}:V_{t}\to(\mathbf{G}_{\mathrm{m}}^{n-1})_{t} est fini et plat de degré dd au-dessus de xx par fonctorialité. En particulier, dd est égal au degré de g0g_{0} au-dessus de n’importe quel point de Psq​,0′P^{\prime}_{{\mathrm{sq}},0} et il est donc non nul. Il s’ensuit que P′⊂gtrop​(Vt)P^{\prime}\subset g_{\text{trop}}(V_{t}) pour tout d∈D⁡(0,r)d\in D(0,r)  ; par compacité, P⊂gtrop​(Vt)P\subset g_{\text{trop}}(V_{t}) pour tout t∈D⁡(0,r)t\in D(0,r). Ceci achève la démonstration, nos assertions sur les degrés entraînant les propriétés requises pour les calibrages. ∎

Fin de la preuve de la formule de Poincaré-Lelong.

Les deux courants δdiv⁡f\delta_{\operatorname{div}f} et d′⁡d′′⁡[log⁡|f|]\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}[\log|f|] sont symétriques  ; pour s’assurer de leur égalité, il suffit de les appliquer à une forme test symétrique.

Soit donc ω\omega une forme lisse à support propre sur XX. Par compacité et absence de bord, le support de ω\omega admet un recouvrement fini par des domaines affnoïdes ViV_{i} (i=1,…,mi=1,\ldots,m), contenus dans Int⁡(X)\operatorname{Int}(X) et possédant les propriétés suivantes :

  • —

    tout point du support de ω\omega est contenu dans l’intérieur de l’un des ViV_{i}  ;

  • —

    pour tout ii il existe un moment gi:Ti→Tig_{i}:T_{i}\to T_{i} et une (n,n)(n,n)-forme αi\alpha_{i} sur gi,trop​(Vi)g_{i,{\text{trop}}}(V_{i}) telle que ω|Vi=gi,trop∗​αi\omega|_{V_{i}}=g_{i,{\text{trop}}}^{*}\alpha_{i}.

Notons VV la réunion des ViV_{i}. C’est un domaine analytique compact de XX, et le support de α\alpha est par construction contenu dans l’intérieur de VV.

Pour tout ensemble non vide EE de {1,…,m}\{1,\ldots,m\}, on note VEV_{E} l’intersection ⋂i∈EVi\bigcap_{i\in E}V_{i}. Comme Int⁡(X)\operatorname{Int}(X) est sans bord (et en particulier bon) et topologiquement séparé, il est séparé d’après la proposition 1.4.2 de [8]  ; en conséquence, VEV_{E} est affinoïde.

Choisissons un réel r>0r>0 tel que les conclusions de la proposition 4.6.6 ci-dessus soient satisfaites pour tout EE par VEV_{E}, pour chacun des moments gi|VEg_{i}|_{V_{E}} avec i∈Ei\in E. Comme le support de d′′⁡ω\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega ne rencontre aucun fermé de Zariski de dimension <n<n, il ne rencontre pas X0:=f−1​(0)X_{0}:=f^{-1}(0)  ; il existe donc s<rs<r tel que que infSupp​d′′⁡ω|f|>s\inf_{\text{Supp}\;\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega}|f|>s.

Soit WW le domaine analytique de VV défini par l’inégalité |f|≥s|f|\geq s  ; on définit de même WiW_{i} et WEW_{E}. Par choix de ss, on a ∫Xlog⁡|f|.d′⁡d′′⁡ω=∫Wlog⁡|f|.d′⁡d′′⁡ω\int_{X}\log|f|.\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega=\int_{W}\log|f|.\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega. La formule de Green assure que

∫Wlog⁡|f|.d′⁡d′′⁡ω−(d′⁡d′′⁡log⁡|f|)∧ω=∫∂Wlog⁡|f|.d′′⁡ω−(d′′⁡log⁡|f|)∧ω\int_{W}\log|f|.\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega-(\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega=\int_{\partial W}\log|f|.\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega-(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega

Nous allons maintenant analyser chacun des quatre termes en lice.

Le terme ∫Wlog⁡|f|.d′⁡d′′⁡ω\int_{W}\log|f|.\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega. C’est celui que l’on cherche à calculer.

Le terme ∫W(d′⁡d′′⁡log⁡|f|)∧ω\int_{W}(\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega. Il est nul car d′⁡d′′⁡log⁡|f|=0\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|=0.

Le terme ∫∂Wlog⁡|f|.d′′⁡ω\int_{\partial W}\log|f|.\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega. Il est nul car le support de d′′⁡ω\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega est contenu, par choix de VV et du réel ss, dans l’intérieur de WW.

Le terme ∫∂W−(d′′log|f|)∧ω\int_{\partial W}-(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega. Soit (φℓ)(\varphi_{\ell}) une suite de fonctions 𝒞∞\mathscr{C}^{\infty} de 𝐑\mathbf{R} dans [0;1][0;1] telles que φℓ\varphi_{\ell} vaille 11 sur [log⁡s+1/ℓ;+∞][\log s+1/\ell;+\infty] et 00 sur ]−∞;logs+1/2ℓ]]-\infty;\log s+1/2\ell]. Pour tout entier ℓ\ell, l’intégrale ∫∂W−(d′′log|f|)∧ω\int_{\partial W}-(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega est égale à

∫∂W(−1+φℓ​(log⁡|f|))​(d′′⁡log⁡|f|)∧ω−∫∂Wφℓ​(log⁡|f|)​(d′′⁡log⁡|f|)∧ω.\int_{\partial W}(-1+\varphi_{\ell}(\log|f|))(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega-\int_{\partial W}\varphi_{\ell}(\log|f|)(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega.

Pour tout ℓ\ell, le support de φℓ​(log⁡|f|)​ω\varphi_{\ell}(\log|f|)\omega est par construction contenu dans l’intérieur de WW  ; l’intégrale ∫∂Wφℓ​(log⁡|f|)​(d′′⁡log⁡|f|)∧ω\int_{\partial W}\varphi_{\ell}(\log|f|)(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega est donc nulle, et il vient ∫∂W−(d′′log|f|)∧ω=∫∂W(−1+φℓ(log|f|))(d′′log|f|)∧ω\int_{\partial W}-(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega=\int_{\partial W}(-1+\varphi_{\ell}(\log|f|))(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega.

Fixons EE, choisissons ii dans EE et munissons WEW_{E} du moment h:=(gi,f)h:=(g_{i},f) vers Ti×𝐆mT_{i}\times\mathbf{G}_{\mathrm{m}}. L’intégrale ∫∂WI(−1+φℓ​(log⁡|f|))​(d′′⁡log⁡|f|)∧ω\int_{\partial W_{I}}(-1+\varphi_{\ell}(\log|f|))(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega peut être calculée via ce moment. Il résulte de la forme de φℓ\varphi_{\ell} que ∫∂WE(−1+φℓ​(log⁡|f|))​(d′′⁡log⁡|f|)∧ω\int_{\partial W_{E}}(-1+\varphi_{\ell}(\log|f|))(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega tend, lorsque ℓ\ell tend vers l’infini, vers l’intégrale de αi∧d′′⁡x\alpha_{i}\wedge\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x sur la réunion des faces de htrop​(WE)h_{\text{trop}}(W_{E}) contenues dans l’hyperplan x=log⁡sx=\log s.

Comme s<rs<r chacune de ces faces est une (n−1)(n-1)- cellule de gi,trop​(VE​,0)g_{i,{\text{trop}}}(V_{E,0}), et sa discordance comme face de htrop​(WE)h_{\text{trop}}(W_{E}) est égale à son calibrage comme cellule de gi,trop​(VE​,0)g_{i,{\text{trop}}}(V_{E,0}), à produit extérieur près par d′′⁡x\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}x  ; de plus, on obtient ainsi toutes les (n−1)(n-1)-cellules de gi,trop​(VE​,0)g_{i,{\text{trop}}}(V_{E,0}). Par conséquent, ∫∂WI(−1+φℓ​(log⁡|f|))​(d′′⁡log⁡|f|)∧ω\int_{\partial W_{I}}(-1+\varphi_{\ell}(\log|f|))(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega tend vers ∫VE​,0ω\int_{V_{E,0}}\omega lorsque ℓ\ell tend vers l’infini.

On en déduit l’égalité ∫∂WE−(d′′log|f|)∧ω=∫VE​,0ω.\int_{\partial W_{E}}-(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega=\int_{V_{E,0}}\omega. Ceci valant pour tout EE, il vient ∫∂W−(d′′log|f|)∧ω=∫V0ω\int_{\partial W}-(\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\log|f|)\wedge\omega=\int_{V_{0}}\omega. Ce dernier terme s’identifie à ∫X0ω\int_{X_{0}}\omega, et l’on a bien établi finalement l’égalité

∫Xlog⁡|f|.d′⁡d′′⁡ω=∫X0ω.\int_{X}\log|f|.\mathop{\mathrm{d^{\prime}}}\mathop{\mathrm{d}^{\prime\prime}}\omega=\int_{X_{0}}\omega.

∎

Original mathematics by the credited authors. Source-backed reader collection; mathematical self-containment is not assessed.